Les plateformes de visioconférence continuent d'engranger d'énormes profits tandis que s'amorcent des campagnes de vaccination à travers le globe, laissant pointer la fin de la pandémie.

Personne ne peut le prédire vraiment, mais ce n'est absolument pas un scénario exclu.

Selon le maître d'enseignement au département de finance de HEC Montréal Phillipe Bouchard, la croissance des entreprises technologiques à la bourse est fort intéressante. "En ce moment, on a l'impression que les investisseurs veulent juste trouver des endroits refuges où mettre leur argent", explique M. Bouchard.

Des entreprises comme Facebook et Zoom profitent de cette hausse du marché en raison de leur secteur d'activité. C'est par ailleurs ce qui explique l'augmentation marquée de leur valeur boursière depuis le mois de mars.

Selon le conférencier-consultant spécialisé en marketing numérique, Frédéric Gonzalo, la pandémie a eu un impact important sur le temps d'utilisation des plateformes de Facebook. En effet, il s'agit d'une augmentation de 30 % sur l'ensemble de ces plateformes, dont Instagram, WhatsApp et Messenger.

Selon ses observations, M. Gonzalo a remarqué que d'anciens comptes Facebook ont ressurgi depuis le début de la pandémie. "Facebook est une plateforme où la croissance n'est plus au rendez-vous depuis 2 ou 3 ans", explique M. Gonzalo. "Pandémie oblige, ajoute-t-il, ce sont plus de gens qui ont décidé de passer davantage de temps sur la plateforme elle-même".

Cette augmentation a un impact direct sur les revenus de Facebook. Les gens passent plus de temps devant leur écran et visionnent par ce fait même plus de publicités.

La bourse n'est pas à l'abri d'une récession

Le secteur de la technologie, qui voit son marché être surévalué par les investisseurs, ne fait pas exception. "Est-ce que ça va planter?, s'interroge M. Bouchard. Si oui, à quel moment et de quelle façon? Personne ne peut le prédire vraiment, mais ce n'est absolument pas un scénario exclu."

Également, la valeur du marché ne représente pas l'économie actuelle selon M. Bouchard, et ce, malgré l'indice boursier de Facebook et de Zoom. Ces dernières ont vu la valeur de l'action monter en flèche depuis le début de la pandémie. Les investisseurs recherchent des niches où déposer leur argent et le secteur du commerce de détail n'est pas lucratif. Phillipe Bouchard doute même que ce secteur fleurisse comme auparavant.

"Donc, il y a des indicateurs qui laissent croire que ce n'est pas impossible qu'il y ait une correction boursière, sans que ce soit nécessairement une crise", conclut M. Bouchard.