Lors d'une visioconférence Zoom tenue mardi, la docteure Mylène Drouin, directrice de la santé publique à Montréal, a expliqué qu'un vaccin est nécessaire pour que Montréal passe à la troisième phase de la pandémie.

Bien que les cas d'infections du coronavirus soient à la baisse après une hausse significative, rien n'indique que la métropole déconfinera le 28 octobre. Le premier ministre du Québec, François Legault, et le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, n'ont pas écarté de prolonger le confinement en vigueur depuis le 1er octobre.

« On doit réévaluer nos mesures de base et identifier les endroits, les milieux, les événements dans lesquels on le sait que c'est [des événements à haut risque de contagions] et peut-être se dire collectivement que ces événements-là, on ne peut pas se [les] permettre jusqu'à tant qu'on ait un vaccin », explique la directrice de la santé publique à Montréal.

Déconfinement

Le processus qui permettra de revenir à la vie normale à Montréal est divisé en trois catégories.

- Phase 1: Il s'agit du confinement initial qui a lieu en mars dernier. C'était à ce moment que le Québec a été confiné pour la première fois en 2020 que les lieux publics ont fermés et que seuls les commerces essentiels étaient ouvert.

- Phase 2: Il a fallu un déconfinement progressif depuis la première phase pour atteindre la deuxième phase. Dre Drouin explique que c'est à cette étape que la réouverture des commerces comme les bars, les restaurants et les commerces de détail a eu lieu. Dans cette période, les mesures d'hygiène et de distanciation sociale sont maintenues en tout temps. Cependant, la santé publique peut appliquer des mesures graduées au besoin. C'est ce qui explique pourquoi Montréal est confinée jusqu'au 28 octobre au minimum.

« Par contre, ce n'est pas vrai qu'on va pouvoir couper la vie sociale des gens pendant encore 9 mois. » - Dre Mylène Drouin

-Phase 3: Le retour à la normale aura lieu une fois que l'immunité collective sera atteinte. Pour atteindre ce stade, il faut un vaccin.

Pas de « vie normale » sans vaccin

Il est difficile de prédire la date de sortie du vaccin. Selon le professeur titulaire au département de microbiologie, infectiologie et immunologie à l'Université de Montréal, docteur Guy Lemay, tout dépend des tests. Il mentionne que le vaccin pourrait être produit en un an et demi. « C'est hyper rapide [...] Ce serait le vaccin le plus rapide de toute l'histoire de l'humanité! »

Certains vaccins sont en phase trois. À ce stade, le vaccin est testé sur des centaines, parfois des milliers de personnes. L'objectif est d'analyser les effets sur les gens, démontrer l'innocuité et l'efficacité du vaccin sur les patients. C'est un processus qui peut prendre des années, tout dépendant des complications et des problèmes rencontrés.

À l'inverse de la COVID-19, un vaccin contre la grippe est difficile à produire à long terme. La grippe est un cas particulier selon Dr Lemay, puisqu'elle mute beaucoup.

Il ne faudra pas crier victoire une fois que les vaccins seront distribués. « Il faut attendre un peu », mentionne Dr Lemay. Il ajoute également que ce sont les personnes âgées qui seront priorisées, car elles sont plus à risque. Selon la santé publique du Québec, près de 98% des personnes décédées du coronavirus avaient 60 ans et plus.

Il y a présentement 58 éclosions actives sur l'île de Montréal et 212 travailleurs testés positifs suite à ces éclosions. La Dre Drouin rappelle de respecter les « 3 R », soit d'éviter les rassemblements, les rapprochements et les espaces restreints.