Au milieu d'un monde profondément bouleversé par le nouveau coronavirus, de multiples paroisses québécoises, dotées d'une population pratiquante effrayée et en déclin, se retrouvent dans l'obligation de s'adapter.

Philippe Vaillancourt, journaliste pour Présence, un média d'information religieuse, explique comment les multiples diocèses québécois ont évolué. "Les évêques sont de plus en plus portés à écouter [les directives du gouvernement]. On est loin de l'Église triomphante de jadis", a-t-il affirmé.

Les paroisses du Québec n'ont pas l'autorité pour éviter le confinement. Selon M. Vaillancourt, la plupart d'entre elles comptent une population vieillissante, la classe la plus à risque face à la maladie du coronavirus.

Étant donné que la plupart des paroisses sont financées par les dons individuels, plusieurs d'entre elles se sont rapidement adaptées aux mesures de confinement afin d'offrir des services en ligne.

S'adapter

Pascal Denault, pasteur œuvrant sur le web, raconte comment il était en avance sur le confinement en présentant déjà des messes en ligne.

«Depuis longtemps, on avait pris le tournant numérique. On a pas subitement dû improviser», a-t-il souligné. Cependant, il s'est mis à offrir un service de prière en ligne pour permettre aux gens confinés de se réunir.

Certaines paroisses n'ont pourtant pas interrompu leurs services auprès des gens dans le besoin. C'est le cas du diocèse de Saint-Jean-Longueuil qui peut tout de même continuer ses œuvres caritatives telles que les soupes populaires et les magasins de vêtements pour les plus démunis.

M. Vaillancourt et M. Denault soulignent tous les deux que les choses sont assez différentes aux États-Unis, où la chrétienté est beaucoup plus diversifiée. En raison de sa grande diversité d'idées religieuses, le pays verra le meilleur comme le pire, tout dépendamment des actions que les pasteurs et les prêtres décideront d'entreprendre

Occasion «unique»

Malgré cette période effrayante, Philippe Vaillancourt envisage une issue positive. Il considère qu'il va y avoir «un niveau de réflexion pour les Églises chrétiennes, et particulièrement les Églises du Québec».

Selon lui, il s'agit d'un moment qui leur permettra de se moderniser et d'avoir un message plus uniforme une fois la crise passée.

Des messes sont maintenant accessibles en ligne pour les fidèles des églises québécoises.
Des messes sont maintenant accessibles en ligne pour les fidèles des églises québécoises. (Crédit photo : Louis Garneau-Pilon)