Au lendemain de la présentation de l'énoncé économique du gouvernement fédéral, les critiques ont fusé, mardi, aux parlements de Québec et d'Ottawa.

Il n'y a pas d'argent et la négociation s'amorce.

Pour le gouvernement de François Legault et ses alliés du Bloc québécois (BQ) à la Chambre des communes, la pilule est difficile à avaler. Alors que les provinces espéraient recevoir 28 milliards $ de plus du fédéral, la vice-première ministre et ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland, a annoncé que son gouvernement se limiterait à une hausse de 1 milliard $ des transferts en santé, afin d'assurer des normes nationales dans les centres de soins de longue durée.

Aux yeux du chef bloquiste, Yves-François Blanchet, les libéraux méprisent le Québec et les provinces en s'ingérant ainsi dans leurs champs de compétence. "Le gouvernement dit qu'il est disposé à sortir 1 milliard sur les 380 milliards, à la condition que les provinces, tels des Vercingétorix de la santé, déposent leurs juridictions au pied du premier ministre, Jules ", déplore M. Blanchet

Pour sa part, le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, est déçu de la petitesse de l'investissement du fédéral. "C'est inacceptable pour le Québec et pour les autres provinces [...] Il n'y a pas d'argent et la négociation s'amorce", a-t-il dénoncé en conférence de presse.

La négociation, c'est cette rencontre visant à régler le dossier des transferts en santé, qui doit avoir lieu le 10 décembre prochain entre Justin Trudeau et ses homologues des provinces. Dans les circonstances actuelles, les pourparlers pourraient s'avérer difficiles.

Un "déficit électoraliste"

À la Chambre des communes, l'opposition conservatrice s'est fait sentir lors de la période de questions. Comme le BQ, qui avait accusé les libéraux de " pelleter par en avant " plus tôt dans la journée, les conservateurs Luc Berthold et Pierre Poilievre ont condamné la gestion du déficit budgétaire par le gouvernement Trudeau.

M. Berthold, élu de Mégantic-L'Érable, y a vu une stratégie électorale du Parti libéral, qui promet un plan de relance sur trois ans, dont les résultats seraient donc ressentis autour des prochaines élections. De son côté, le député de Carleton, M. Poilievre, s'est insurgé du manque de mesures concrètes pour aider les Canadiens qui souffrent de la crise financière engendrée par la pandémie de COVID-19.

Face aux attaques des élus conservateurs, Mme Freeland a effectué un retour sur les propos du chef de l'opposition, Erin O'Toole, à l'émission Tout le monde en parle, laissant sous-entendre qu'il n'aurait pas fait mieux. " Le chef de l'opposition a assuré aux Canadiens qu'ils auraient reçus le même niveau d'appui que celui que nous leur avons fourni sous un gouvernement conservateur ", a-t-elle déclaré.