C'est après le témoignage du Docteur X, appelé pour le procès de Simon Brind'amour, que la possibilité d'un interdit d'ouverture (huis clos) devant jury est évoqué, ce mardi en fin de matinée.

Simon Brind'amour est accusé d'avoir, le 1er septembre 2018, tué sa femme, Josiane Arguin avec une queue de billard. Il aurait ensuite tenté de cacher le corps avant de finalement confesser son acte.

Lors de l'audience du mardi 13 octobre dernier, la possibilité d'un homicide involontaire avait été évoquée. " Le cerveau humain est complexe, et parfois, un cerveau, ça craque. Il y a eu un court-circuit dans l'esprit et le cerveau de M. Brind'Amour "; " L'intention, c'est une exigence très importante. [Elle est] requise par le droit criminel ", avait expliqué l'avocat de M. Brind'amour, lors d'un changement de stratégie.

C'est à la lumière des connaissances psychiatriques du docteur X (nom fictif donné pour garder l'anonymat) que la possibilité d'un procès à huis clos devant jury est évoquée. Les avocats des deux partis en sont venus à la conclusion, avec l'accord des jurés, que le témoignage de l'accusé était devenu nécessaire dans le jugement final de Madame la Juge. De plus, l'avocat de la défense a également précisé qu'il serait pertinent de faire évaluer la santé mentale de M.Brind'amour pour confirmer ou démentir l'homicide involontaire.

Un trouble du comportement ou une dissociation ?

Au cours de ses explications, le docteur X a présenté plusieurs hypothèses.

Il pourrait être possible que l'accusé connaisse un trouble du comportement que l'on appelle l'hypervigilance. Les caractéristiques de ce trouble diffèrent selon les personnes. Dans son cas, M. Brind'amour aurait une personnalité narcissique, " un bon gars " dont le besoin est de toujours bien faire. Il aurait contenu ses émotions négatives pour ne pas recevoir de critiques, même au détriment des émotions positives. C'est avec l'accumulation d'un certain nombre de choses et avec l'alcool, qu'il avait encore dans le sang, selon ses propos, qu'il aurait perdu le contrôle et tué Josiane Arguin.

« La question n'est pas de savoir si M. Brind'amour est atteint d'un trouble de santé mentale, ou du comportement, mais plutôt de savoir quelles sont les circonstances qui le mettent à risques d'avoir dissoné ou non, a précisé le psychiatre.

Cependant, lors de son interrogatoire, M. Brind'amour a avoué ne pas se souvenir du moment précis où il a tué sa femme. Ce qui a donc amené le Docteur X à parler de dissociation. À savoir : l'absence partielle, voire totale dans les cas les plus rares, de souvenirs. Selon les dires de l'expert " ce n'est pas juste une absence de souvenirs, une personne tombée dans la dissonance n'est pas en contact avec son environnement, elle ne peut pas contrôler ce qu'elle fait, c'est une rupture des fonctions cognitives ". Dans son cas, l'accusé aurait " perdu le contrôle " et serait tombé dans la dissonance, le menant a attrapé la queue de billard pour frapper. Il se serait " réveillé ", sorti de sa dissonance lorsqu'il aurait pris conscience de la gravité de son acte. Suite à cela, la panique l'aurait amené à cacher le corps, puis à tenter de s'en débarrasser.

" La question n'est pas de savoir si M. Brind'amour est atteint d'un trouble de santé mentale, ou du comportement, mais plutôt de savoir quelles sont les circonstances qui le mettent à risques d'avoir dissoné ou non", a précisé le psychiatre.

C'est suite à cette déclaration que les jurés et la Juge ont conclu que l'hypothèse de la dissonance ne pouvait pas être ni écartée ni confirmée. Pour eux, le témoignage de M. Brind'amour serait l'élément qu'il manquerait pour permettre de trancher un jugement, " est-ce qu'on croit son interrogatoire ou non ? "

Encadré :

Qu'est-ce que l'hypervigilance ?

L'hypervigilance est une forme de personnalité narcisse. La personne atteinte d'hypervigilance est toujours à l'affût d'un problème, elle est toujours très négative dans ses émotions et dans sa vision des choses. L'hypervigilant voudra toujours essayer de bien pour ne pas recevoir de critiques. L'hypervigilance se trouve souvent chez les personnes souffrant d'un stress post-traumatique, ou chez les personnes anxieuses.