Le chemin sera difficile et il n'y a aucune garantie de succès.« - Jens Stoltenberg

Les États-Unis tardaient toujours à se prononcer sur le dossier du retrait des troupes en Afghanistan, mardi, alors que l'OTAN commence à s'impatienter.

Le temps commence cependant à être compté pour l'administration Biden, qui devra trouver un plan qui permettra aux dernières forces armées américaines présentes en sol afghan de se retirer tout en s'assurant que la paix pourra être maintenue après leur départ.

"Si les négociations de paix ne sont pas terminées d'ici la fin avril, cela signifiera que la présence militaire sera prolongée", a déclaré le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Maas.

Une opération délicate

"Si les États-Unis se retirent le 1er mai, le problème est que les institutions politiques et de sécurité ne seront pas assez solides", estime Paul E. Lenze Jr., professeur au département de Politique et affaires internationales à l'Université du nord de l'Arizona. Selon lui, il y a encore beaucoup à faire pour que l'Afghanistan soit un pays complètement développé et qui soit doté de corps militaire et policier capables de défendre sa population, au point où une guerre civile pourrait éclater si les Américains se retirent trop tôt.

Les talibans ont pour leur part averti que les États-Unis seraient "responsables des conséquences" s'ils ne respectaient pas la date limite du 1er mai, sur laquelle ils comptent beaucoup.

Des négociations ont débuté en Russie, jeudi, afin de tenter de mettre sur pied un gouvernement de transition incluant les talibans qui pourrait succéder à l'occupation américaine. Cette idée, soutenue par Moscou, a pour l'instant reçu un accueil peu enthousiaste de la part du pouvoir à Kaboul.

De surcroît, malgré ces efforts, les violences se sont intensifiées ces derniers mois dans tout l'Afghanistan. Dans ce contexte, le départ des États-Unis inquiète le gouvernement en place à Kaboul, dont l'autorité est contestée ou mise à mal sur plus de la moitié du territoire.

"Il faut être réalistes. Le chemin sera difficile et il n'y a aucune garantie de succès, car ces pourparlers de paix sont fragiles", a averti Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN.

D'après Paul E. Lenze Jr., une autre raison pour laquelle l'administration Biden est hésitante à s'extraire du pays est que "beaucoup de membres de l'armée américaine croient toujours que l'Afghanistan est une bataille qui peut encore être gagnée", et que "certaines personnes au sein du gouvernement le croient aussi".

Plus de 2400 soldats américains ont péri depuis le début du conflit, qui dure depuis 19 ans.

Rebâtir les liens de confiance

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, était de passage à Bruxelles mardi pour discuter des défis qui attendraient les pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) dans les prochaines années. Lui et Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN, ont échangé des paroles chaleureuses dans une brève rencontre animée par Rosa Balfour, directrice de Carnegie Europe.

Blinken a dit souhaiter "revitaliser" la relation entre les États-Unis et l'Europe, ternie par l'ère Trump, et a martelé l'importance de faire front commun pour défendre les valeurs partagées par les membres de l'OTAN.

Stoltenberg, de son côté, a réitéré la nécessité d' "actualiser et adapter les stratégies" développées par l'organisation pour faire face aux défis de la réalité mondiale actuelle.

Les deux hommes se sont d'ailleurs entendus sur le fait que le comportement continuellement belliqueux de la Russie, le terrorisme, les cyberattaques, la montée en puissance de la Chine, la prolifération des armes nucléaires et les changements climatiques constituaient les dossiers les plus urgents.

- Avec l'Agence France-Presse