Après avoir observé une minute de silence en l'hommage des victimes des événements survenus à Québec dans la soirée du 31 octobre, le sujet de la santé mentale était au cœur des préoccupations de l'Assemblée nationale mardi après-midi.

L'opposition a réclamé la création d'une commission parlementaire transpartisane, affirmant que l'investissement de 100 millions de dollars annoncé lundi par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant était insuffisant.

" Il faut que la santé mentale soit élevée au rang de priorité nationale ", a affirmé la cheffe de l'opposition officielle, Dominique Anglade.

Tour à tour, les partis d'opposition ont dénoncé le refus de Lionel Carmant de parler de " situation de crise " malgré la tragédie survenue samedi. Le premier ministre François Legault a affirmé être ouvert à toutes propositions, et prendre cette problématique très au sérieux. " Malgré tous les efforts qu'on pourra faire, on ne pourra jamais prévenir 100 % des actes violents comme on a vu en fin de semaine, a-t-il dit. Il y a des cas où des gens ne veulent pas se faire soigner, où ça arrive subitement."

Des patrouilles de travailleurs sociaux

Depuis le début de la pandémie, 15 % des Québécoises et des Québécois ont rapporté qu'ils vivaient une détresse psychologique problématique, alors que ce taux s'élevait à 2 % avant cette crise.

Rappelant que le pourcentage de personnes ayant des problèmes de santé mentale était passé de 2 % à 15 % durant la pandémie, le premier ministre a également évoqué la possibilité de “rapprocher” les services de santé et les policiers en suggérant la mise en place de patrouilles policières accompagnées de travailleurs sociaux.

“C'est une bonne idée", a réagi William Hébert travailleur social au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal. "Il faut mettre en place des solutions adaptées à une problématique complexe. Il est difficile de chiffrer les interventions policières qui se sont déroulées au détriment de la vie de personnes ayant besoin d'aide.”

Monsieur Legault ne s'est cependant pas prononcé sur la commission parlementaire transpartisane portée par l'opposition.

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A la suite des évènements  survenus samedi à quelques minutes de l'Assemblée nationale, le drapeau québécois au sommet de la tour centrale de l'hôtel du Parlement était en berne jusqu'au crépuscule mardi en signe de solidarité et de soutien aux victimes et à leurs proches. Un registre de condoléances a été mis en ligne jusqu'au 9 novembre afin de permettre à tous les Québécois qui le souhaitent d'exprimer leur soutien à la famille et aux proches des deux victimes, Suzanne Clermont et François Duchesne.