Malgré la pandémie, la population de l'île de Montréal a l'autorisation cette année de participer à l'effort collectif de nettoyage, mais doit désormais passer directement par les éco-quartiers et respecter les "bulles de ménage".

Les gens ont envie de sortir et de nettoyer leur ville, leur quartier, leur rue.« - Ève Lortie-Fournier

À l'exception du printemps 2020, les précédentes corvées de nettoyage se faisaient en étroite collaboration entre la Ville de Montréal et les éco-quartiers.

Le changement principal apporté cette année est la fermeture de la plateforme d'inscriptions.

"Normalement, l'inscription permet de rejoindre des gens, de garder l'anonymat et de faire du recrutement, mais nous n'en avons pas besoin cette année, car on ne veut pas de grands rassemblements. Par contre, on veut continuer à soutenir le citoyen qui, dans sa "bulle de ménage", veut réaliser une petite activité", précise-t-il.

De plus, ce sont désormais les éco-quartiers qui s'occupent de donner la trousse de corvées, comprenant des gants, des chandails et des sacs ainsi que de louer l'équipement comme les pinces à déchets, les râteaux et les pelles.

L'année 2019 avait battu tous les records de participation avec 34 500 participants et 788 corvées. Cependant, même s'il y a plus de restrictions entourant les corvées, l'engouement risque d'être similaire cette année.

Un ménage attendu

Pour l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, de Rosemont-La Petite-Patrie et de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, qui ont lancé les inscriptions le 9 février dernier, l'envie de se mettre au travail se fait sentir dans la population.

"Il y avait une centaine de corvées de propreté organisées dans le Plateau-Mont-Royal chaque année et, là, j'ai trente demandes en trois jours", observe l'agente de recherche responsable du verdissement du Plateau Mont-Royal, Andréanne Leclerc-Marceau.

"Les gens ont envie de sortir et de nettoyer leur ville, leur quartier, leur petit coin de rue, et je suis sûr qu'il y en a qui le font sans s'inscrire et qui nettoient leurs ruelles, leur devant de maison et ça, ce n'est pas comptabilisé et ça reste des initiatives citoyennes importantes", ajoute la directrice générale des éco-quartiers de Montréal, Ève Lortie-Fournier.

"Les citoyens dans leur quartier marchent de plus en plus, s'approprient l'espace public et constatent des problèmes de propreté. Ce n'est pas parce qu'ils ne s'impliquent pas dans une corvée qu'ils ne vont pas apporter leur contribution comme citoyens", confirme Philippe Sabourin, qui travaille aussi au service de l'expérience citoyenne et des communications de la Ville de Montréal.

Les cibles 2021

Avec les premiers jours chauds, les parcs ont été pris d'assaut par les citadins certes très heureux de profiter du beau temps, mais laissant aussi derrière eux une grande quantité d'ordures autour des poubelles, ce que M. Sabourin appelle du "surjetage".

"Il ne faut pas surjeter [jeter dans une poubelle pleine] puisque le vent peut disperser les déchets. S'ils ont été capables de transporter tout ce qu'il faut pour leur pique-nique, ils sont aussi capables de transporter les déchets à un endroit où on peut les jeter, puisque la propreté c'est l'affaire de tout le monde, pas juste des municipalités", souligne M. Sabourin.

De plus, la fonte des neiges révèle chaque année un autre fléau très polluant : les mégots de cigarettes, qui constituent 30 % des déchets ramassés lors des corvées. "Le fait de jeter ses mégots dans la rue et non dans la poubelle, on appelle ça du "mégoïsme"", explique-t-il.

"Pour ce qui est des masques, on a un effort collectif à faire pour vraiment s'assurer qu'ils soient jetés dans les poubelles puisqu'ils se recyclent difficilement."

Le budget 2021 alloué aux activités de nettoyage et de balayage des voies publiques est de 47 millions de dollars. Un total de 775 employés cols bleus ainsi que plusieurs brigades de propreté, qui permettent à plusieurs jeunes une réinsertion en milieu de travail, s'occuperont aussi des tâches routières et du maintien de la propreté.