Cette semaine marque non seulement la fin de la session d'hiver des étudiants à l'université, mais aussi la complétude d'une année scolaire entièrement repensée pour répondre aux contraintes sanitaires. Entre la lassitude, la fatigue et le stress liés aux cours virtuels, peut-on retirer du positif des changements imposés par la COVID-19 ?

Les communautés étudiantes et le corps enseignant sont épuisés de n'interagir qu'à travers Zoom. Or, la démocratisation de la plateforme dans le milieu de l'enseignement pourrait tout de même être un acquis intéressant à utiliser post-pandémie. Par exemple, Zoom peut être un outil d'inclusion pour les élèves à mobilité réduite, malades ou simplement dans l'impossibilité de se rendre en classe ; pensons ici à ceux qui n'ont pas les moyens de se payer une habitation au centre-ville alors que la crise du logement bat son plein.

Loin de moi l'idée de privilégier une formule asynchrone, c'est-à-dire disponible en différé, car peu d'étudiants sont enthousiastes à l'idée de visionner l'enregistrement d'un cours de près de trois heures, sans avoir la possibilité d'interagir avec leur professeur. La plateforme se doit d'être utilisée pour permettre une communication efficace entre professeurs et étudiants, tout en limitant les contraintes de déplacement auxquelles sont confrontées certaines personnes.

Mettre l'accent sur l'inclusion

Ainsi, après l'année qui vient de s'écouler, on peut facilement imaginer la mise en place exceptionnelle de cours en comodal, donc simultanément à distance et en présentiel. Bien qu'une jambe dans le plâtre n'empêche pas un étudiant de suivre un cours, devoir le rattraper à l'aide des notes d'un ou d'une collègue peut s'avérer peu motivant et impacter la réussite scolaire de l'étudiant. Zoom facilitera l'adaptation au cas par cas, mais sera aussi un outil d'efficacité dans les activités universitaires. Grâce au virtuel, par exemple, plus besoin de louer une salle pour organiser des réunions d'équipe ou prendre le métro pour s'entretenir avec un professeur pendant quinze minutes.

L'adoption forcée de Zoom va modeler l'avenir du milieu de l'enseignement, même si l'exaspération du télétravail est à son comble. Alors au moment où nos écrans arrêteront de nous dégoûter, il sera important de nous souvenir des rares points positifs de la distanciation physique pour améliorer l'expérience universitaire de toutes et tous.