Plusieurs organismes québécois qui luttent contre la discrimination trouvent insuffisantes les mesures proposées par le rapport du Groupe d'action contre le racisme (GACR), Le racisme au Québec : tolérance zéro.

"C'est un exercice incomplet et qui manque de substance, car il rate une bonne partie de sa cible en se concentrant sur des mesures à la pièce et en manquant de vision globale", déclare Alexandra Pierre, présidente de la Ligue des droits et libertés (LDL), alors que le GACR refuse toujours de nommer le racisme systémique.

Profilage racial

Le rapport présente aussi l'idée d'interdire les interpellations policières afin de mettre fin au profilage racial. Mme Pierre fait ressortir que ce type d'intervention est "sans fondement légal" et que le profilage racial se trouve ailleurs que dans ces interpellations. Elle cite "la sur-surveillance des communautés racisées, les remises de constats d'infraction et les arrestations ciblant davantage les jeunes racisés." Elle déplore la définition du racisme faite par le GACR, qui le voit comme "un problème de comportement". La LDL considère le racisme et la discrimination comme étant systémiques et estime que la vision du GACR est trop limitée. L'organisme rappelle aussi qu'il faudra plus d'actions "pour mettre véritablement fin au racisme et à la discrimination systémique au Québec".

Le droit au logement

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) va également dans ce sens. L'organisme qui sert de regroupement national pour le droit au logement a réagi sur Twitter en affirmant que les recommandations concernant le racisme dans l'accès au logement "sont floues et insuffisantes". Le FRAPRU avait présenté un mémoire dans le cadre des consultations avec plusieurs autres recommandations, comme celle de développer des logements sociaux permettant aux minorités visibles et aux Autochtones de vivre en communauté et d'avoir accès à un loyer abordable. Le rapport du groupe gouvernemental ne présente qu'une seule mesure pour lutter contre cet enjeu, celle de faciliter le processus de plainte et d'informer les locataires sur les démarches à prendre s'ils sont victimes de racisme.

Prudence

Pour sa part, la Ligue des Noirs du Québec n'est pas prête à jeter l'éponge. Elle estime qu'elle n'a pas encore de "plan précis" et que ni le coût ni l'échéancier n'ont été annoncés. Elle appelle à la vigilance puisque les mesures présentées ne viennent pas de lois et elles peuvent être rejetées. "Il est évident que le gouvernement a su écouter les préoccupations soumises, mais il n'a pas livré tout ce qui avait été requis. On en est loin", explique Max Stanley Bazin, le président de la Ligue.