Le gouvernement Legault octroie à l'Office du tourisme du Québec (OTQ) un fonds d'urgence de 3,57 millions de dollars pour garder en vie l'industrie touristique de la Vieille capitale d'ici à ce que reprennent les voyages internationaux une fois la pandémie de COVID-19 passée.

En passant par l'hébergement, les gens peuvent consommer à Québec« - Régis Labeaume

Ce fonds d'urgence permettra de consolider l'attractivité de la ville de Québec. "La concurrence mondiale sera sans doute encore plus forte dans l'époque post-pandémie", a expliqué mardi la ministre de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, lors de l'annonce.

Si la Ville de Québec battait des records d'achalandage dans les deux dernières années, l'affluence des touristes étrangers a diminué de manière draconienne en 2020.

"On doit continuer de s'assurer que notre industrie sera prête pour accueillir les touristes lorsqu'ils recommenceront à voyager et, pour cela, la Ville de Québec doit absolument préserver ses acquis et sa capacité d'accueil", a souligné la ministre du Tourisme, Caroline Proulx.

Pour le président de l'OTQ, Jean-François Côté, ce n'est qu'une question de temps. "On avait un joyau international. Il est encore là, mais il est juste mis en veille", a-t-il indiqué. Il s'avère donc primordial de "maintenir les actifs" de la capitale sur le plan mondial, mais aussi sur le plan local, selon lui. Il n'y aura donc pas de grande campagne publicitaire à l'international cette année.

L'hôtellerie au cœur de la stratégie

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a souligné vouloir miser sur le secteur de l'hôtellerie : "En passant par l'hébergement, les gens peuvent consommer à Québec". Rester à l'hôtel constitue donc une porte d'entrée vers d'autres commerces, comme les restaurants. "Peu importe la région, lorsque quelqu'un séjourne dans un établissement d'hébergement, les retombées économiques sont plus grandes", a précisé la directrice générale de l'Association hôtelière de la région de Québec, Marjolaine de Sa.

Selon elle, cela pourrait permettre aux centres-villes, qui ont été les plus touchés par la pandémie, à se remettre sur pied. En effet, dans la périphérie de Québec, les établissements d'hébergement ont achevé l'année 2020 avec un taux d'occupation de 27 %, alors qu'on enregistrait un faible taux de 18 % au centre-ville. Le fonds annoncé pourrait toutefois s'appliquer en dehors du centre-ville.

"Les gens ont recherché, dans la dernière année, la nature et les grands espaces, mais on doit redonner confiance aux gens pour revenir dans nos centres-villes", a soutenu Mme de Sa. Elle rappelle que 80 % des 16 000 portes sont en zone urbaine.

Il n'en demeure pas moins que le manque à gagner réside dans la clientèle internationale qui dépense généralement plus selon Jean-François Côté. "Les gens vont être ici sur de plus longs séjours et vont utiliser des moyens plus coûteux pour se rendre vers des destinations", a-t-il expliqué.

Un bilan accablant

La situation épidémiologique de la Capitale-Nationale s'est considérablement aggravée lors des dernières semaines en battant des records de nouvelles infections, ce qui rend difficile la planification des activités estivales dans la Ville de Québec.

La vaccination permet en revanche d'entrevoir une lueur d'espoir. "La situation ira mieux cet été, cela dit [...] on ne peut pas planifier comme si tout était comme avant. On ne peut pas penser qu'il y aura 60 000 personnes sur les plaines d'Abraham pour assister à un spectacle, c'est illusoire", admet M. Labeaume.

La Ville de Québec travaille malgré tout sur une offre touristique dite sécuritaire avec plusieurs petits événements. "Le pire serait de ne rien faire, de ne rien planifier", a-t-il ajouté.

La saison estivale à venir sera alors décisive pour plusieurs entreprises de la capitale. "Si les commerces, les hôteliers et les restaurants n'ont pas de revenus cet été, pour certains ce sera la mort", a déploré M. Labeaume.