La ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, a annoncé, mardi, avoir attribué un montant de près de 65 millions de dollars à la lutte aux armes à feu et aux réseaux criminels organisés, qui reprennent du galon depuis quelques années.

Après avoir annoncé un investissement de 32,5 millions de dollars sur cinq ans lors de son plus récent budget, Québec ajoute ainsi une somme d'un peu plus de 27,6 millions de dollars.

Ce financement, provenant du Fonds d'action contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs du gouvernement fédéral, sera versé à trois corps policiers québécois sur une période de trois ans. La Sûreté du Québec (SQ) touchera 70% du montant, alors que les services de police des villes de Montréal (SPVM) et de Québec (SPVQ) se sépareront les 30% restants. Chez la SQ, cet argent financera l'équipe de lutte contre le trafic d'armes à feu sur Internet et l'équipe responsable de la résolution des meurtres et des disparitions liées au crime organisé.

Ça va servir, entre autres, à intensifier la surveillance et l'intervention policière dans les lieux qui sont fréquentés par les groupes criminels [...] La Sûreté du Québec va pouvoir rester à la fine pointe de la technologie pour assurer la cybersurveillance qui est nécessaire à lutter efficacement contre les activités criminelles.

- Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec.

Pour sa part, le SPVQ utilisera l'investissement pour mettre en place une nouvelle équipe, semblable à l'équipe Quiétude de Montréal, qui sera chargée de "réduire la capacité d'approvisionnement des milieux criminels en armes à feu" sur son territoire.

Les services de police et les organismes œuvrant contre la criminalité recevront également une partie des 4,5 millions de dollars issus des biens confisqués par les tribunaux à la suite d'actes criminels commis lors de la dernière année.

Les armes à feu, un fléau à Montréal

Selon les plus récentes données du Centre canadien de la statistique juridique, les crimes commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par les corps policiers seraient en hausse constante depuis 2013. Ces crimes seraient concentrés dans les grandes villes du Canada.

À en croire les dires du directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron, qui accompagnait Geneviève Guilbault en conférence de presse, Montréal ne ferait pas exception à cette statistique. Depuis "fin juin, début juillet", le SPVM remarquerait une "augmentation importante" de ce type d'infraction. Une quarantaine d'événements en lien avec des armes à feu, dont un meurtre et dix tentatives de meurtre, seraient survenus dans la métropole depuis le déconfinement. D'après M. Caron, il s'agirait de 20 événements de plus que l'année dernière, à la même date.

Le crime organisé au Québec

Selon Statistiques Canada (2018) :

  • Le nombre d'homicides en lien avec le crime organisé a plus que doublé au Québec entre 2017 et 2018, passant de 17 à 32.
  • Montréal est la région la plus touchée par ce genre de crime.
  • La grande majorité des homicides en lien avec le crime organisé sont commis à l'aide d'une arme à feu.