Contraint de renouer avec les déficits en raison de la pandémie de la COVID-19, Québec devrait plus que jamais envisager de liquider le Fonds des générations, avance une étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal publiée mardi.

"Le gouvernement va s'endetter de plusieurs milliards de dollars dans les prochaines années. Pourrait-on diminuer ce niveau un peu en pigeant dans le Fonds?", a fait valoir en entrevue le directeur du Centre et professeur à HEC Montréal, Robert Gagné.

Le 11e bilan Productivité et prospérité au Québec, cosigné par M. Gagné et le chercheur Jonathan Deslauriers, souligne notamment qu'une liquidation du Fonds des générations permettrait de réduire la dette. Les sommes qui y sont versées annuellement seront utilisées afin de diminuer le déficit de l'entretien des infrastructures. La valeur comptable de cet outil mis sur pied pour réduire la dette publique devrait être d'environ 15 milliards à la fin de l'exercice 2021-2022.

Ce n'est pas la première fois que M. Gagné remet en question la pertinence de cet outil mis sur pied en 2006, mais dans le contexte actuel, le chercheur estime qu'il est temps de se pencher sur des options qui permettraient à Québec de dégager des marges de manœuvre. Plus de 2,5 milliards sont annuellement versés dans le Fonds des générations.

Le document du Centre de la productivité et de la prospérité de HEC Montréal souligne qu'avant la crise sanitaire, le Québec était à la traîne par rapport à plusieurs provinces canadiennes ainsi qu'à la moyenne de l'Organisation de coopération et de développement économiques en ce qui a trait à des indicateurs comme la croissance annuelle du niveau de vie et de la productivité. Pour les chercheurs, il ne faut pas perdre de vue le fait qu'il y a toujours un important retard à combler. Ceux-ci estiment qu'avec davantage de ressources financières à sa disposition, Québec devra agir de "manière ciblée pour appuyer la relance".

"Plutôt que de chercher à répondre à la crise à travers des mesures passives qui soutiennent tous les secteurs d'activité et tous les emplois, sans égard à leur viabilité ou à leur potentiel de croissance, le gouvernement devra prioriser les interventions orientées vers l'un ou l'autre des trois piliers de la productivité: l'éducation, l'innovation et l'investissement", fait valoir l'étude.