Le Mois de la nutrition prend un tout autre sens cette année alors que la pandémie a mis à rude épreuve les comportements alimentaires des Canadiens, qui se sont sédentarisés en raison des consignes sanitaires.

Pour permettre de mieux comprendre le phénomène, la Clinique universitaire de nutrition de l'Université de Montréal a présenté mardi une conférence intitulée Bien se nourrir au-delà des aliments. La nutritionniste Laurence Da Silva Décarie a partagé des pistes de solution afin de venir en aide aux personnes soucieuses de leur alimentation.

Certaines habitudes influencent le rapport à la nourriture, et donc la santé de la population. Voici quatre astuces pour une saine nutrition.

1. Prendre conscience de ses comportements alimentaires

Une des techniques utilisées en nutrition est d'analyser sa façon de manger dans un endroit précis, les raisons de s'alimenter, le contenu, la quantité et le moment du repas. Au bout du compte, certaines habitudes fréquentes peuvent être ciblées dans le but de les améliorer.

"Il y a deux grands éléments qui ressortent comme deux facteurs associés à une alimentation de moins bonne qualité : manger devant un écran et manger en déplacement", souligne Mme Da Silva Décarie. À cela peut s'ajouter le fait de finir son assiette même si on n'a plus faim ou ne pas manger entre les repas, par exemple.

Le confinement a encouragé les Canadiens à utiliser davantage leurs appareils électroniques à tout moment de la journée. Ce comportement peut avoir des effets négatifs sur l'alimentation dans la mesure où il distrait les besoins du corps.

Néanmoins, il peut aussi s'agir d'un bien pour un mal. "Tu manges plus lentement quand tu écoutes une émission", selon Karima Lemire, étudiante en administration à l'Université du Québec à Montréal. En ce sens, chaque individu est unique et réagit différemment aux conditions qui entourent ses repas.

2. Écouter les signaux de faim de son corps

Afin de favoriser de saines habitudes alimentaires, il faut toujours évaluer sa faim et sa satiété, c'est-à-dire le besoin de nourrir son corps. "Quand on parle de distractions, de manger rapidement, de ne pas se prendre une deuxième portion ou d'absolument finir son assiette, ce sont tous des comportements alimentaires qui vont faire en sorte qu'on est moins à l'écoute de nos besoins", explique la nutritionniste.

L'objectif est de ne pas habituer son système au manque de nourriture ou, à l'inverse, à une suralimentation causant des inconforts.

3. Apprendre à cuisiner dans le but de se valoriser

Si l'on peut retirer un point positif de la crise sanitaire, c'est l'engouement des gens à cuisiner leurs propres repas parce qu'ils ont plus de temps à leur disposition. "Depuis la pandémie, j'ai pris plaisir à cuisiner. [...] J'essaie de cuisiner pour ma famille", dit Karima Lemire. Elle s'admet débutante en la matière, mais elle apprécie plus sa nourriture quand elle la prépare selon ses goûts.

"Il y a une satisfaction de manger quelque chose qu'on a fait soi-même, de développer de nouvelles compétences", soutient Mme Da Silva Décarie. Elle conseille aux apprentis de suivre des recettes de base afin de faciliter l'apprentissage, car c'est valorisant de réussir un plat pour la première fois. Pour ce faire, il est nécessaire de toujours avoir des aliments de base sous la main comme des fruits, des légumes, des conserves ou des produits secs comme de la farine.

Ce n'est pas non plus une mauvaise idée de planifier ses repas ou d'en cuisiner à l'avance pour les congeler.

4. Prioriser le plaisir de manger

"Il faut que ce soit le fun manger parce qu'on mange trois fois par jour minimum et on va manger toute notre vie. Il faut que ce soit quelque chose qui est agréable et qui est positif", fait valoir Mme Da Silva Décarie.

Plus on s'impose des interdictions, plus cela contribue au sentiment de culpabilité et à la surconsommation d'aliments moins bons pour la santé. Un rapport sain avec des aliments variés permet de ne pas abuser de certains produits.

La pandémie chamboule le quotidien des gens, mais la clé du succès pour une saine nutrition est de se questionner sur ses comportements alimentaires. Cet exercice est un premier pas vers l'amélioration de son mode de vie.