Au cours de son procès, Raymond Henri Muller, accusé de meurtre prémédité et d'outrage au cadavre de Cédric Gagnon, est revenu sur ses aveux.

Alors qu'il avait avoué l'homicide le 1er septembre 2018, Muller a déclaré mardi matin au jury qu'il n'avait jamais tué M. Gagnon et a affirmé qu'il avait dit à l'enquêteur ce qu'il voulait entendre. D'ailleurs, le corps du musicien de 39 ans avec qui il jouait régulièrement n'a jamais été retrouvé.

"C'est vrai que j'ai dit cela, et vous pouvez le voir dans la vidéo", a déclaré Muller en répondant aux questions concernant la pièce à conviction dans laquelle il confirme avoir tué M. Gagnon. "C'était plus facile pour moi de suivre ce qu'il disait et de le dire », a déclaré l'accusé. « Je lui ai donné la réponse qu'il demandait ». Le musicien de 54 ans affirme qu'il n'aurait finalement pas démembré un membre de son groupe de musique et que ce dernier aurait seulement disparu. Il a alors changé de version en disant qu'il était innocent.

Une ballade meurtrière pour aveu

La lettre retrouvée dans son appartement le 31 août 2018, lors de sa tentative de suicide, qui expliquait comment il avait tué M. Gagnon, était une chanson sur laquelle il travaillait. Il raconte qu'il voulait écrire une ballade du style « meurtre et mystère » inspirée des artistes Tori Amos et Tom Waits. "C'était un projet que je considérais. Je voulais faire un projet noir ». Muller affirme que la lettre n'était ni une explication de ses blessures auto-infligées ni une confession du meurtre.

Sur son lit d'hôpital, lors de ses aveux, il dit avoir d'ailleurs eu une vision de M. Gagnon. Et s'il a raconté en long et en large comment il a nettoyé le logement après le meurtre, c'est parce qu'il était médicamenté. Il nie d'autant plus avoir eu l'intention de se suicider. Il affirme que, pour une raison inconnue, mais "symbolique, il s'est dit qu'en faisant semblant de se suicider, il serait ensuite incarcéré.

Durant son contre-interrogatoire, la procureure Marie-Claude Bourassa a demandé à plusieurs reprises si Raymond Henry Muller avait quelque chose à cacher. Elle cherchait à connaître la raison qui l'aurait poussé à commettre ce meurtre. Ce à quoi il a répondu : "Je ne peux pas penser à une bonne raison de l'avoir tué », insinuant par là que les versions antérieures qu'il avait transmises aux policiers étaient fausses.

Gagnon, toujours en vie?

Toutefois, la nuit de la tragédie, Raymond Henry Muller avoue avoir pleuré et être allé dormir dans un parc au coin du boulevard Saint-Laurent et de l'avenue Laurier. Il se serait promené à trois endroits avant de s'arrêter dormir dans un parc proche de cette intersection. Muller pense même que Gagnon se trouve dans une autre province ou à Rouyn-Noranda. "Et c'est là que j'ai eu une idée de voyage pour le trouver », ajoute-t-il.

Muller a déclaré que son objectif était de provoquer des remous qui aideraient à localiser Gagnon. Son plan était d'être arrêté pour meurtre afin d'aller en prison pour que la photo de la victime soit vue par le monde et qu'il soit retrouvé. Il soutient qu'il souhaitait faire du bruit dans les médias afin de retrouver le membre de son groupe. " Je suis désolé si c'est confus, a ajouté Muller en s'adressant au jury. C'est clair que j'ai été trop loin. Mais ce que j'ai fait, c'était pour retrouver Cédric ». Il supposait qu'il serait arrêté et inculpé, mais que tout serait résolu lorsque Gagnon se présenterait vivant.

Présidées par la juge Lyne Décarie, les plaidoiries se tiendront mercredi.