Neuf mois après le drame ayant mis le feu aux poudres aux tensions raciales aux États-Unis, le tribunal de Minneapolis a entamé mardi les interrogatoires des jurés potentiels afin d'en sélectionner seize, dont quatre suppléants.

Les premiers candidats ont prêté serment en se présentant devant le juge Peter Cahill. Chacun d'entre eux doit aussi comprendre qu'il ne faut se fier qu'aux preuves soumises en salle d'audience. L'exercice juridique exige que le contenu qu'ils ont pu consulter dans leur vie personnelle soit mis de côté.

La procédure complexe implique le juge, l'avocat de la défense, Eric Nelson, et le procureur général. Tous les citoyens convoqués ont déjà rempli un questionnaire de 16 pages il y a quelques mois. L'objectif est d'analyser l'impartialité des jurés potentiels. Le tribunal a ordonné la confidentialité de leurs noms afin de les protéger. Les caméras qui filment le procès ne sont pas non plus autorisées à montrer leurs visages.

Six candidats ont été interrogés par la Cour, mais seulement un homme a été retenu pour le moment. Le processus de sélection doit s'étaler sur trois semaines en raison du caractère délicat de la cause qui a fait grand bruit dans l'opinion publique américaine.

Possibilité d'un troisième chef d'accusation

Vêtu d'un complet gris, le policier Derek Chauvin prenait place aux côtés de son avocat à l'ouverture de son procès. Tout au long des interrogatoires des jurés potentiels, l'homme de 44 ans a pris de nombreuses notes dans son calepin.

La Cour d'appel du Minnesota a chamboulé les procédures lundi en demandant au juge Peter Cahill de considérer l'inculpation de meurtre au troisième degré en plus des deux accusations existantes : meurtre au deuxième degré et homicide involontaire coupable. La demande est toujours en cours, mais Me Nelson va contester la décision devant la Cour suprême de l'État du Minnesota.

L'accusé aurait plaidé coupable à des charges moindres. « La cause de la mort de George Floyd est l'objet d'une forte controverse », a déclaré Me Nelson. Il estime que l'Afro-Américain est mort d'une overdose de fentanyl. Malgré les traces de drogue prélevées lors de l'autopsie, le rapport final accorde le décès à la « compression de son cou ».

Un procès sous haute surveillance

Alors que les manifestations se multiplient dans les rues de Minneapolis, les policiers et la Garde nationale sécurisent le périmètre autour du tribunal. Des clôtures ont notamment été érigées pour réduire les risques de dérapage.

La sœur de la victime, Bridgett Floyd, a fait le voyage depuis le Texas pour « porter la voix » de son frère. Après des mois de vives tensions raciales, l'issu de ce procès aura un impact important sur le climat social qui règne aux États-Unis.

La vidéo virale de l'arrestation mortelle a déclenché des protestations partout dans le monde au printemps. Les trois collègues de l'accusé, soit Alexander Kueng, Thomas Lane et Tou Thao, subiront leur procès au mois d'août pour « complicité de meurtre ».

Avec l'Agence France-Presse