Pandémie oblige, les zones rouges s'accumulent sur le territoire du Québec et engendrent entre autres la fermeture des salles de restaurants. Les gens se tournent vers des choix qui ont connu des hausses de popularité, et ce, bien avant que le coronavirus ne ravage la planète. DoorDash, Uber Eats et SkipTheDishes sont autant d'applications très populaires
qui permettent la livraison de nourriture.

Avoir son cellulaire à portée de main 24 heures sur 24 cause au moins deux phénomènes: le fait d'accaparer le peu de temps libre dont dispose son utilisateur ainsi qu'une facilité d'usage qui vient modeler les habitudes de vies de celui-ci. Déjà en 2018, 30% du budget alimentaire de la population était réservé aux restaurants. Deux ans plus tard, en temps de pandémie, on peut imaginer que cette proportion a augmenté, d'autant plus que les applications de livraisons peuvent dépanner les gens étant sur le marché du travail pendant cette période et pour qui les consignes sanitaires en place diminuent la possibilité de leur déplacement. Surtout qu'ils représentent la majorité des utilisateurs d'application dans le genre (les 25-45 ans). Les possibilités du sans contact, qui permettent de payer la commande à l'avance par carte de crédit, sont aussi un concept fort intéressant pour consommer dans le contexte actuel.

De plus, le fardeau de la pandémie sur le moral incite davantage les gens à s'arrêter et à prendre du temps pour eux. À moins que de cuisiner soit une passion, il est fort probable qu'une personne ayant besoin d'une pause de ses obligations, au moins le temps d'un repas, fasse appel à un service simple et facile d'accès comme une application de livraison. D'autant plus que chaque système propose son application pour téléphone intelligent, ce
qui rend la commande plus
accessible.

Par contre, l'utilisation de ces applications ne s'explique pas par un facteur économique, étant donné qu'il existe déjà des frais additionnels lors d'une livraison, même si le client fait affaire directement avec les livreurs du restaurant en question. En ajoutant le fait que des commissions sont prises sur chaque commande effectuée par le biais d'une application de livraisons, les frais augmentent encore sur la facture du client: c'est donc moins cher de faire son épicerie.

Ainsi, commander avec DoorDash ou n'importe quelle autre compagnie de livraison, c'est dresser le portrait de notre société qui priorise sa santé mentale.