Des milliers de Québécois ont profité des restrictions sur les voyages pour redécouvrir leur province dans la dernière année. La photographe Johany Sergerie a choisi d’utiliser l’art pour rappeler aux touristes l’importance de prendre soin de la nature.

Johany Sergerie s’est rendue en Gaspésie l’an dernier pour un troisième été de suite. La passionnée de plein air raconte avoir été bouleversée par le piètre état des lieux à la suite de l’invasion de milliers de campeurs. « Les gens sont habitués au modèle de voyage tout inclus. En camping, il n’y a pas de femmes de ménage pour ramasser derrière, et ça, les gens l’oublient un peu trop vite », observe-t-elle.

Mme Sergerie est d’avis que les Québécois sont trop peu éduqués à l’importance de la préservation de l’environnement et aux énormes répercussions que de petits gestes peuvent avoir. « Sur l’île Bonaventure, à Percé, j’ai vu des fous de Bassan faire leur nid avec des déchets qu’ils avaient sûrement trouvés sur l’île ou sur le littoral », ajoute-t-elle.

La photographe de 31 ans a conclu une entente avec Nature Québec, un organisme sans but lucratif qui œuvre pour la conservation des milieux naturels, afin de la sensibiliser avec ses images. Pour chaque cliché vendu, Johany verse 10 % des revenus à l’organisme. Elle juge que ses photos sont aussi éloquentes grâce à la beauté des paysages qu’elle admire.

Cet hiver, en faisant de la randonnée au parc national de la Jacques-Cartier près de Québec, la jeune femme a remarqué que beaucoup de randonneurs nourrissaient les martres. « Une petite bouchée par-ci, une petite bouchée par-là. Les gens sont mal informés et ne réalisent pas qu’à la longue, les martres deviennent dépendantes et oublient de se nourrir par elles-mêmes », déplore la
photographe.

Johany attend avec impatience la fin de la pandémie pour aller à Terre-Neuve, où elle aimerait faire des photoreportages sur l’état des glaciers. «Les gens vont en Écosse, en Islande ou en Norvège, mais oublient qu’au Labrador, c’est la même réalité arctique.  Je veux aller capturer la beauté, mais surtout sensibiliser les gens à la fragilité des écosystèmes et de la biodiversité à travers mes photos », conclut-elle.