C'est sur un ton amical que s'est déroulée la première rencontre bilatérale virtuelle entre le président américain Joe Biden et le premier ministre canadien Justin Trudeau, ce mardi, afin de dresser une "carte routière" des priorités des gouvernements, une carte qui inclut les changements climatiques, la pandémie de COVID-19 et la relance économique.

“La pandémie, la reprise économique, les changements climatiques, les réfugiés, la migration, le fait de se battre pour nos valeurs démocratiques sur la scène internationale et le renforcement de notre propre démocratie, chez nous” - Joe Biden, au début de sa rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau.

Joe Biden et Justin Trudeau ont repris là où ils s'étaient laissés en 2016 alors que les deux hommes se sont rencontrés virtuellement à partir de leurs bureaux, entourés de plusieurs membres de leurs cabinets. Cette rencontre avait pour but d'établir les priorités des deux gouvernements pour les prochaines années, mais surtout de rétablir une relation entre le Canada et les États-Unis, relation qui a été mise à rude épreuve lors de l'arrivée au pouvoir du dernier président américain, Donald Trump.

L'importance de la collaboration canado-américaine

Le président américain a commencé la rencontre en mettant de l'avant le désir de coordination entre les deux pays. “La pandémie, la reprise économique, les changements climatiques, les réfugiés, la migration, le fait de se battre pour nos valeurs démocratiques sur la scène internationale et le renforcement de notre propre démocratie, chez nous” sont certains des sujets où la collaboration entre les deux administrations sera primordiale.

Beaucoup d'importance a été mise sur la question des changements climatiques. David Dubé, chercheur à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, craint cependant que les mesures de Joe Biden soient trop ambitieuses pour le gouvernement Trudeau qui doit composer avec un gouvernement minoritaire.

Pour Justin Toureille, lui aussi chercheur à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, le désir d'implication du gouvernement américain dans les enjeux climatiques est une bonne chose, considérant l'attitude de l'ancienne administration à ce sujet.

Meilleure relation à prévoir

La décision de Joe Biden de tenir sa première rencontre bilatérale avec le premier ministre canadien est un retour à la tradition. Cette tradition avait été brisée par Donald Trump en 2017 alors qu'il avait choisi de tenir sa première rencontre avec la première ministre britannique, Theresa May. Selon M. Toureille, cette décision laisse présager de relations plus faciles entre le Canada et les États-Unis comparativement aux difficultés entre M. Trump et M. Trudeau.

Inquiets par les derniers propos du Président Biden sur le Buy American Act, les experts restent aux aguets. “J'ai été un peu surpris du ton amical de Joe Biden, je m'attendais à ce que la politique de Buy America ressorte un petit peu plus, on sort de la rencontre avec quelques points d'interrogation, sans savoir ce qui va en advenir”, soutient M. Dubé

Il est possible de croire qu'à la suite de cette rencontre, certaines exemptions seraient tout de même possibles pour les entreprises canadiennes pour contourner les mesures protectionnistes du gouvernement Biden, sans que cela ait été annoncé officiellement.

Cette première rencontre, entre deux hommes d'État qui partagent des priorités similaires, promet d'améliorer les relations entre les deux pays. M. Toureille souligne cependant la possibilité que certaines difficultés puissent survenir si un changement de gouvernement amenait le parti conservateur au pouvoir, un gouvernement qui voudrait sans doute faire changer d'avis le président américain sur sa position quant au projet Keystone XL.

Encadré: Qu'est-ce que le protectionnisme?

"Le protectionnisme est une politique économique qui consiste à favoriser les entreprises présentes sur le territoire dans les domaines de biens et des services en empêchant la compétition d'entrer au pays." - Justin Toureille, chercheur à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.