L'Amour, la haine et le cerveau, publié par les éditions MultiMondes et à paraître le mercredi 21 octobre 2020, est le second livre de Michel Rochon, journaliste scientifique et médical, et professeur à l'UQAM. Ce livre est plus qu'une analyse scientifique, il nous pousse à nous questionner personnellement sur les rôles de l'amour et de la haine dans notre société où les réseaux sociaux, les changements climatiques et le terrorisme sont au coeur du débat.

Ce livre présente et analyse les deux concepts que sont l'amour et la haine, au travers du fonctionnement du cerveau et des prédispositions sociales de l'être humain. L'Homo Sapiens, comme nous appelle l'auteur à moult reprises, est en effet génétiquement et instinctivement prédisposé à vivre des émotions comme l'amour et la haine, même si de nombreux facteurs et acteurs les amplifient : c'est le cas des réseaux sociaux.

Lors des premières minutes de lecture, on s'attend à un livre scientifique pur. Cependant, on trouve un mélange entre un texte journalistique, un essai scientifique, une réflexion sociologique et un livre didactique que l'auteur lui-même catégorise comme " un essai de vulgarisation scientifique, sur un thème sociologique ". En effet, le format du livre nous permet de suivre tous les concepts scientifiques précis abordés, nous permettant ainsi une réflexion plus poussée sur le fond du propos, ce qui ne serait pas forcément réalisable si nous devions lire chaque phrase avec un dictionnaire sous le coude. Chaque chapitre commence par une citation, puis une anecdote personnelle de l'auteur, le sujet en lui-même et pour finir une mise en contexte. On trouve également à la fin de chaque chapitre un encadré nous renvoyant à des livres et autres ressources; on perçoit ici clairement le côté professeur de Michel Rochon.

L'objectif de l'auteur était, de ses mots, d'" humaniser, parce que ça peut être très ardu de plancher sur un paquet d'études scientifiques sans trop l'incarner. [...] Je le fais pour tenter d'incarner le sujet le plus possible et de lui donner une deuxième dimension. ", nous confie-t-il.

Les médias sociaux et le cerveau sont les deux points principaux de la réflexion scientifique que nous propose Michel Rochon, de par leur implication dans l'expression de l'amour et de la haine. Si le cerveau est, à parts plus ou moins égales et grâce à des régions différentes, responsable de la production des deux émotions, les réseaux sociaux leur offrent une scène pour s'exprimer, se développer et parfois dériver. Le journaliste explique en détail les dangers des médias sociaux et nous pousse à nous interroger sur notre " dépendance " à ces plateformes qui, en inhibant les barrières sociales qui nous empêchent souvent de passer à l'acte lors d'interactions physiques, laisse la voie libre aux regroupements haineux.

Notre cerveau possède tout ce qu'il faut pour prioriser l'amour et l'empathie au détriment de la haine, p40, l'Amour, la haine et le cerveau de Michel Rochon.

Outre un manuel sciento-sociologique instructif et passionnant, ce livre nous accompagne dans une actualité que nous vivons tous : la pandémie, les réseaux sociaux, le terrorisme, les changements climatiques, l'amour. Chaque lecteur peut s'y retrouver, comprendre et apprendre quelque chose voire réfléchir intrinsèquement à l'origine de la haine à laquelle nous avons ou serons tous confrontés au moins une fois dans notre vie. Et si vous vous demandez comment régler ces problèmes, la conclusion est là pour vous aider.

J'ai personnellement eu mon lot de réflexions personnelles en lisant ce livre et la principale est que les terroristes pourraient agir comme ils le font non pas seulement au nom de la religion ou " de certains intérêts ", comme le dit l'auteur, mais à cause d'une certaine marginalisation, un certain rejet qui doivent cesser. Pourtant, on apprend que la haine ne peut pas se justifier par l'amour et ce livre en est l'exemple. " Ce concept-là [la violence et le terrorisme] est basé sur la haine, pas sur l'amour ", nous affirme Michel Rochon.

Et comme l'auteur l'écrit dans son livre, page 40 : " Notre cerveau possède tout ce qu'il faut pour prioriser l'amour et l'empathie au détriment de la haine ", à nous de prouver qu'il a raison.