Neuf invités, quatre épisodes, une animatrice : c'est tout ce dont la deuxième saison de Nous autres, sortie lundi, a besoin pour s'attaquer à la question du racisme au Québec. Le balado, produit par l'Institut du Nouveau Monde et le Collectif NOOR, ne perd pas de temps en fioritures, préférant miser sur les témoignages intimistes de jeunes issus de groupes racisés.

Que ce soit à l'université ou au travail, il faut que tu modules la manière dont tu agis. - Eddy Yao

Le but n'est pas de présenter un cours magistral sur la discrimination, mais plutôt de l'illustrer à l'aide d'exemples vécus. Il s'agit, selon l'animatrice Ornella Tannous, "d'engager un échange franc et potentiellement pénible" pour apprendre à vivre ensemble. Cet effort d'adaptation est "majoritairement porté par les personnes racisées", ajoute-t-elle, une opinion partagée par l'ensemble des invités.

"Que ce soit à l'université ou au travail, il faut que tu modules la manière dont tu agis [...] tu ne peux pas poser des questions, tu ne dois pas déranger", explique Eddy. Sarah se souvient de son directeur d'école lui disant que ses cheveux étaient trop "extravagants" pour le code vestimentaire. Yanie, elle, savait qu'elle ne devait pas se tenir avec les quelques autres élèves noires de son établissement secondaire, pour qu'ils ne soient pas "tagués comme une gang". Gaël se fait souvent complimenter, car il "n'a pas l'air trop noir", alors que Jenny "n'a pas l'air chinoise". Tous deux ont pris l'habitude de cacher leur accent naturel par peur de déplaire à la majorité blanche.

De souvenirs en anecdotes, un portrait est tissé, celui d'un Québec qui se dit inclusif, mais qui refuse de se regarder dans le miroir que lui tendent les minorités issues de la diversité.