La pandémie de la COVID-19 a bouleversé le temps des fêtes de tous les Québécois, mais les étudiants étrangers en sont particulièrement victimes, ne pouvant pas retourner dans leur famille en cette période spéciale de l'année. Les mesures sanitaires limitent leurs possibilités de communication au virtuel seulement.
Témoignages.

Camille Clavé, étudiante française en enseignement au primaire

C'est ma troisième année au Québec, mais les deux années précédentes, je rentrais voir ma famille à Noël. Ma coloc et moi allons rester ici et passer Noël toutes les deux. Au début, c'était difficile de me dire que j'allais passer Noël sans ma famille. Quand j'y pensais, j'avais les larmes aux yeux. C'est encore le cas, mais je me suis habituée à l'idée. Je vais certainement appeler mes parents.

Rosaline Poullet, étudiante guadeloupéenne en littérature

Ce n'est pas la première fois que je vais fêter Noël sans ma famille au Québec, mais c'est la première fois depuis la COVID-19. Avec mes amis proches, on devait se réunir, mais François Legault en a décidé autrement. Je ne sais pas ce que je vais faire. Je n'ai même pas décoré mon appartement. J'ai l'impression de vivre à moitié et je n'arrive même pas à me projeter après 2020. Je vais sûrement appeler ma mère pour lui souhaiter un joyeux Noël. Je pense que la situation crée une détresse psychologique chez les gens, et ce n'est pas assez pris en charge. Je ne sais pas comment je vais me sortir de cette période.

Andréa Spirito, étudiante française en journalisme

L'année dernière, j'étais avec des amis, je sortais beaucoup, mais cette année, c'est plus bizarre, on le fait juste entre colocs. On a prévu un dîner entre expatriés français. Ça va être vraiment simple, mais on tient quand même à faire quelque chose. Ça serait triste de ne pas fêter du tout.  Ça fait quatre ans que je passe Noël sans mes parents. La petite tradition, c'est d'ouvrir les cadeaux en Facetime.

Selma Cheurfi, étudiante algérienne en comptabilité

Les vacances vont être longues. Je pensais pouvoir travailler durant ce congé pour mettre de l'argent de côté, mais avec le risque sanitaire et la fermeture des magasins, ça devient complexe. Je me sens chanceuse, car ma sœur habite proche de chez moi. Ça me permet de passer du temps avec elle, mais j'avoue que j'appréhende beaucoup la chose. Je ne suis jamais restée deux ans sans voir ma famille. C'est très dur; j'ai perdu des membres de ma famille et je n'ai pas pu assister aux funérailles.

Des mesures d'aide

Les comités des étudiants internationaux essaient d'organiser des activités, mais la barrière virtuelle leur met des bâtons dans les roues. Le soutien pour les personnes seules est ainsi limité.