L'arrivée imminente de l'hiver en cette période de pandémie incite la Ville de Montréal à repenser ses activités hivernales habituelles, dans un but autant économique que social. Bien que la programmation comporte certaines restrictions quant aux activités physiques permises, la Ville déclare vouloir rendre cette période un peu plus magique. Une façon originale de remonter le moral de ses citoyens grâce à l'activité physique.

La fermeture des gyms m'a grandement affectée

La fermeture des salles d'entraînement, survenue au début du mois d'octobre, a laissé plusieurs personnes en détresse. En temps normal comme en temps de pandémie, l'activité physique apporte plusieurs bienfaits pour la santé physique et pour la santé mentale. De plus, la fermeture des salles d'entraînement diminue considérablement l'accessibilité de la population à de l'équipement adéquat. Ces deux éléments permettent de se demander si la programmation hivernale proposée par la Ville de Montréal est une alternative intéressante pour les gens qui ont l'habitude de fréquenter les gymnases.

Des possibilités intéressantes

Audrey Rodrigue, une jeune femme très active qui s'exerce en salle d'entraînement depuis une dizaine d'années, a vu son quotidien changer radicalement lors de l'annonce de la fermeture de celles-ci. "La fermeture des gyms m'a grandement affectée. Au début, ça a beaucoup joué sur mon moral, mais je peux me consoler avec mon vélo stationnaire. Je pouvais me dépanner. Par contre, à l'annonce de la deuxième vague et de la fermeture une seconde fois, je me suis dit que j'allais me payer un tapis roulant pour pouvoir passer au travers. Dans mon cas, c'est impossible que je reste inactive justement pour ma santé mentale et toute l'endorphine que ça me procure. Offrir des activités hivernales, je trouve que c'est une excellente idée pour les gens qui n'ont pas la chance de se débrouiller autrement. Pour ce qui est de patiner ou de marcher à l'extérieur, ça n'a pas le même effet sur moi. J'aime ça, mais je vois plus ça comme une activité loisir qu'une séance de cardio."

Les sports d'hiver et la santé mentale

De leur côté, Steeven Carrière et Alexis Dubé, deux joueurs de hockey, un sport dont les parties amicales seront interdites en zone rouge, sont d'avis que l'important est de bouger et de sortir prendre l'air. Même si cela doit impérativement être fait dans le respect des consignes sanitaires, ils estiment que la pratique d'activités physiques est d'autant plus importante maintenant, avec la pandémie qui pèse sur le moral de la population.

Il est toutefois difficile de déterminer avec exactitude si la programmation hivernale de Montréal saura combler les besoins de chacun. Bernard Paquito, professeur au Département des sciences de l'activité physique de l'UQAM, a des doutes quant à la capacité de cette programmation à plaire aux habitués des gymnases. "À ma connaissance, ce n'est pas parce que tu t'entraînes dans un gym que tu vas faire une transition vers une pratique physique hivernale, surtout en contexte urbain. [...] Je suis assez sceptique, les bénéfices que les gens avaient avec leur pratique initiale, ils ne vont peut-être pas les retrouver avec une pratique d'hiver", raconte ce dernier.

Il déclare cependant que le ski de fond, l'un des sports mis de l'avant par la programmation, est reconnu pour ses bienfaits sur la santé mentale. Il ajoute qu'afin de donner envie aux gens de se déplacer pour en faire, il est primordial que la Ville offre une accessibilité certaine à des pistes et à de l'équipement, une idée que Montréal a justement l'intention de suivre en offrant au public un service de location d'équipement et une bonne répartition des secteurs aménagés.

Au programme: de nouveaux sentiers dans tous les grands parcs, des glissades pour les enfants au parc Grovehill, à Lachine ou au parc Ignace-Bourget, dans le Sud-Ouest et du patin libre dans les différentes patinoires extérieures de la Ville.