Au début du mois de janvier 2021, l'animatrice de QUB radio Geneviève Pettersen a raconté à son émission qu'elle avait reçu des menaces de mort sérieuses à son égard. Considérant que la peine maximale pour ce type de délit est de cinq ans, il est surprenant d'apprendre que sa situation n'a pas été prise au sérieux et qu'aucune enquête n'a été lancée pour essayer d'en arrêter l'auteur.

Pour permettre d'expliquer cette disparité entre la gravité du geste et le dénouement de l'affaire, il manque un fait important à l'histoire: ces menaces ont été envoyées sur les réseaux sociaux.

L'irritabilité des Québécois par rapport à la pandémie et leur présence accrue sur les réseaux sociaux constituent un mélange toxique pour plusieurs victimes de telles menaces, dont les auteurs demeurent trop souvent impunis.

Pas traitées en priorité

La quantité de messages de menaces de mort continue d'augmenter et le corps policier est débordé. La Sûreté du Québec possède une escouade spécialisée en cybercriminalité. Seul bémol, le site Internet liste cinq crimes pouvant faire l'objet d'une enquête: la fraude, l'extorsion, l'hameçonnage, le vol d'identité et la pornographie juvénile. À aucun endroit, il ne fait référence à des propos haineux ou à des menaces de mort.

Étant donné que les interactions entre les gens se font de plus en plus virtuellement, ne serait-il pas pertinent de créer une escouade spécialisée dans ce type d'attaque? Surtout lorsque l'on considère la fréquence à laquelle chacun de nous fait face à de tels comportements sur le web.

Elles doivent en faire plus

Les compagnies de réseaux sociaux doivent elles aussi en faire plus pour essayer de filtrer ces comportements sur leurs plateformes. Trop souvent, ces menaces sont envoyées par des profils vierges, difficiles à retracer. Cela permet aux auteurs de se sentir tout-puissants et inatteignables, puisque, la plupart du temps, ils le sont.

Des logiciels de prévention existent. Par exemple, le logiciel reword.it fonctionne de la même façon qu'un correcteur en suggérant des modifications aux textes blessants ou menaçants. Serait-il possible d'implanter un tel logiciel sur les réseaux sociaux sans que ce soit simplement des suggestions, mais que ce soit plutôt des changements forcés? C'est certainement une idée.

En attendant que des mesures plus importantes soient mises en œuvre, il sera de notre responsabilité de surveiller les comportements de tout un chacun sur les réseaux sociaux et de signaler les écarts de conduite.