Le lacement d'une série de conférences organisées par six instituts de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) a pris place, mardi, avec une discussion en ligne sur l'impact de la modélisation scientifique sur les positions sociales traduites par les politiques publiques.

Pour une première fois, six instituts de l'UQAM se regroupent afin d'offrir un éventail de discussions. « C'est l'occasion d'aborder ensemble des sujets de grande ampleur qui mobilisent de multiples disciplines. La grande thématique changera d'une année à l'autre », mentionne Mélissa Desrochers, agente de recherche et de planification à l'Institut des sciences cognitives.

Un projet d'actualité

La thématique pour 2020 et 2010 remet en question notre société en temps de crise et chapeautera les sujets abordés lors des six conférences. « Les crises climatiques et du coronavirus viennent nous jeter dans un nouveau monde dans lequel nous vivons ou vivrons une tension intérieure entre habiter le monde et nous abriter du monde », explique Mélissa Desrochers. Cette idée générale a été empruntée à Mohammad Yunus, ayant remporté le prix Nobel de la Paix en 2006, qui s'est questionné, en mai dernier, sur l'avenir du monde contemporain et l'opportunité de changement qu'entraine la pandémie.

L'Institut des sciences cognitives, l'Institut des sciences de l'environnement et l'Institut Santé et société ont orchestré la toute première conférence à ce sujet. Viendra ensuite le tour de l'Institut des études internationales de Montréal, de l'Institut des recherches et d'études féministes et de l'Institut du patrimoine de proposer des discussions variées en collaboration avec leurs homologues.

L'incertitude en temps de crises

« Ce monde est complexe. Il n'est pas modélisable d'une manière radicale, définitive, certaine. […] et il n'est pas simple d'accepter que la meilleure manière d'expliquer ce qui se passe dans le monde passe par des probabilités et non par des énoncés catégoriques, dogmatiques. » - Serge Robert, cofondateur de l'Institut des sciences cognitives de l'UQAM

En cette journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe décrétée par l'ONU, les panellistes étaient invités à analyser le principe de modélisation selon leur expertise respective et à établir un rapprochement entre l'orientation des politiques liées aux enjeux climatiques et à la pandémie.

Le géographe et professeur au département de Géographie à l'UQAM, Philippe Gachon, ainsi que le chercheur au Centre des Sciences de la Biodiversité du Québec et professeur agrégé au département des sciences biologiques à l'Université de Montréal (UDEM), Thimothée Poisot, ont tous deux vulgarisé leurs réflexions sur le sujet. Animée par Serge Robert, professeur au département de philosophie à l'UQAM, la discussion a soulevé beaucoup de questionnements et d'incertitudes.

Ces trois spécialistes s'entendent pour dire que la modélisation est une science non exacte qui comprend un lot d'incertitudes et d'imprécisions. « Ce monde est complexe. Il n'est pas modélisable d'une manière radicale, définitive, certaine. […] et il n'est pas simple d'accepter que la meilleure manière d'expliquer ce qui se passe dans le monde passe par des probabilités et non par des énoncés catégoriques, dogmatiques », remarque Serge Robert, cofondateur de l'Institut des sciences cognitives de l'UQAM. Philippe Gachon est toutefois d'avis que « l'incertitude n'est pas un obstacle à la découverte » et qu'il suffit d'être conscient des failles de la science pour en faire bon usage et faire bénéficier le monde actuel et futur.