L'Union des municipalités du Québec a donné son appui à la loi 66 lors de la commission parlementaire sur l'accélération de certains projets d'infrastructure qui s'ouvrait mardi sur fond de discorde.

"Plus on attend, moins on accélère. Les gens souffrent des répercussions économiques liées à la COVID-19. Avec ce projet de loi, on créerait des milliers d'emplois", a déclaré la présidente de l'UMQ Suzanne Roy. En échange, elle s'attend à des concessions du gouvernement de François Legault. Elle demande d'élargir le critère de la Transition énergétique Québec (TEQ) qui pourrait accélérer certains projets selon elle. Mme Roy veut également que le gouvernement réforme la loi québécoise sur l'expropriation. "On doit changer la loi sur l'expropriation, car les délais s'étirent souvent sur plusieurs années. Les municipalités sont pénalisées par cette loi", soutient la mairesse de Sainte-Julie écorchant au passage Benoît Charrette, parce que "ça prend plus de 120 jours pour avoir une réponse du ministère de l'Environnement", a-t-elle asséné.

Remise en question de la loi

Le porte-parole libéral en matière d'infrastructures, Gaétan Barrette, ne voit pas la nécessité d'aller de l'avant avec ce projet de loi. "La démonstration n'est pas faite que la construction est ralentie", a affirmé M. Barrette, mettant en doute l'affirmation de Sonia LeBel selon laquelle le projet de loi 66 est essentiel pour "remettre les Québécois et les chantiers au travail le plus vite possible."

Selon lui, rien n'indique que les choses tournent au ralenti, au contraire. Il a raconté avoir voulu la semaine dernière embaucher un électricien mais en vain, car tous les électriciens à qui il avait parlé étaient "submergés de contrats", soutient le député de La Pinière.

De nombreux groupes montent au front

Ça prend plus de 120 jours pour avoir une réponse du Ministère de l'Environnement- Suzanne Roy, présidente de l'UMQ

Plus de 80 organisations issues des milieux environnementaux, syndicaux, universitaires et militants, entre autres, dénoncent d'une même voix l'un des points phares du plan de relance du gouvernement caquiste. Ces organisations invitent le gouvernement du Québec à réfléchir à une "relance verte, juste et inclusive axée sur la santé et le bien-être des populations, le respect des droits et la résilience pour prévenir de futures crises."

S'il est adopté, il refusera notamment aux propriétaires le droit de contester leur expropriation, et permettra par exemple le début d'un chantier avant la fin des analyses d'impact environnemental.

Par ailleurs, l'Autorité des marchés publics (AMP) accueille favorablement les nouveaux pouvoirs qui lui seraient conférés advenant l'adoption du projet de loi 66. En ce qui concerne la reddition de comptes, elle considère que la transparence sera de mise si l'on veut assurer à la population que la réalisation de ces projets respecte les lois et les règles établies. Ainsi, l'AMP adhère à l'obligation de faire état de ses activités en matière de surveillance pour les projets ciblés dans le projet de loi 66, de même qu'à l'obligation de rendre publiques ses décisions, comme c'est déjà le cas en ce moment.

Les consultations publiques se poursuivront mercredi, avec le Centre québécois du droit de l'environnement, Équiterre, la Fondation David Suzuki, le Vérificateur général du Québec et le Bureau de l'inspecteur général de la Ville de Montréal.