L'avocate de la Commission scolaire English-Montréal, Perri Ravon, a plaidé l'incompatibilité culturelle mardi matin, s'opposant à la Loi sur la laïcité de l'État devant la Cour supérieure du Québec. Me Ravon a tenu à démontrer que cette loi résulte de la culture et de l'histoire du Québec, mais qu'elle était en opposition avec la culture des minorités. "Cette loi ne s'accorde pas avec la culture anglaise, a-t-elle déclaré lors de sa plaidoirie. L'emprise du clergé dans l'histoire du Québec ne trouve pas d'équivalent dans les communautés protestantes ".

Une laïcité différente

Durant toute sa plaidoirie, Me Ravon a nourri ses arguments de témoignages de divers enseignants des établissements anglais de Montréal. Les témoignages cherchaient à convaincre le juge de l'impact négatif de cette loi sur l'enseignement dans les écoles anglophones.

L'un des témoins, un enseignant d'une école anglophone, a expliqué l'approche différente de son école vis-à-vis des religions. Son école, située à proximité de lieux de culte, organise des visites de mosquées et de synagogues afin d'enseigner les différentes religions à ses élèves. Une approche qui témoigne d'une mentalité différente à l'égard de la laïcité, selon l'avocate.

Un procès encore loin d'être fini

Durant tout le mois de décembre, chaque groupe lié au dossier fera connaître ses arguments au juge lors d'une dernière plaidoirie. Le procès de cette loi, qui interdit entre autres le port de signes religieux aux juges, policiers, procureurs, gardiens de prison et enseignants dans le cadre de leur fonction, a débuté le 3 novembre. Il aura vu se succéder à la barre une quinzaine de témoins et près de trente avocats pour ou contre la Loi sur la laïcité de l'État.