Le premier ministre François Legault a admis mardi que la situation n'était pas favorable pour que les Québécois aient la possibilité de se rassembler pour Noël, alors que l'on dénombrait 26 hospitalisations de plus que la veille.

« Il y a moins d'achalandage aux urgences »

"Le nombre d'hospitalisations, s'il continue à augmenter comme on le voit actuellement, malheureusement, ça ne sera pas possible d'avoir les deux rassemblements à Noël", a-t-il annoncé en conférence de presse à Québec.

Même si M. Legault avait permis en novembre dernier deux rassemblements de maximum dix personnes pour la période du 24 au 27 décembre, il affirme "qu'actuellement, on ne va pas dans la bonne direction." Plusieurs facteurs détermineront s'il sera toujours possible de se rassembler, comme le nombre de cas et la capacité des hôpitaux.

La période après Noël

Les conséquences des nombreux rassemblements risquent d'affecter le système de santé, estime Vanessa Laniel, une infirmière de l'Hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval. Elle prédit qu'il y aura une hausse des cas à la suite de la période des fêtes. Mme Laniel affirme voir sur les réseaux sociaux de nombreux regroupements de jeunes de 16 à 25 ans, avant même que les Fêtes aient débuté. "Avec les vacances, ça va doubler d'ignorance et d'égoïsme, croit-elle. Même si je le sais qu'ils sont aussi tannés que moi du confinement, certains vont tout de même tenter de se rassembler." L'infirmière, qui juge inconcevable de mettre ses collègues à risque, continuera de suivre les règles.

Elle croit qu'il est possible que les visites aux urgences à Noël se fassent moindres. "Est-ce qu'on va voir moins de cas de coupures liées à la préparation des mets des Fêtes, moins de toxicomanie ou d'alcoolémie à l'urgence, plus de taux de dépression et de tentatives de suicide? Sans compter les accidents de la route, car les gens décideront de ne pas passer Noël avec leur famille. C'est difficile à prédire", souligne-t-elle.

Impact sur le personnel

Cependant, le manque de personnel pourrait être la plus grande source de problèmes pendant la période de Noël. Présentement, 6542 employés sont en congé de maladie ou en retrait préventif. Maïka Perreault, infirmière à l'Hôpital du Suroît à Salaberry-de-Valleyfield, affirme qu'un tel nombre crée un manque d'employés considérable. Ce manque de personnel et la désorganisation du système de santé alourdissent la charge de travail et accentuent l'épuisement professionnel, croit Mme Perreault.

"Elles se font rares, les journées où on travaille seulement 8 heures. C'est plutôt des 12 heures et même des 16 heures consécutives", témoigne l'infirmière. Elle pointe du doigt les heures supplémentaires qui s'accumulent : "On le fait de façon volontaire, mais on finit quand même à en faire le lendemain et le surlendemain. Donc, au lieu de faire une fin de semaine de 16 heures, on finit par en faire une de 40", raconte Mme Perreault.

L'espoir d'un vaccin

"Les prochains mois s'annoncent difficiles et on est vraiment dans le haut de la deuxième vague un peu partout dans le monde", a déclaré M. Legault. Cependant, il a mentionné qu'Ottawa pourrait donner 700 000 vaccins au Québec avant le 31 mars prochain. Dès le début janvier, le gouvernement provincial autoriserait la vaccination.

Le Dr Horacio Arruda, directeur national  de santé publique du Québec, a souligné durant le point de presse que ceux qui ont contracté la COVID-19 ne sont pas immunisés contre le virus, et que le vaccin est suggéré à tous.

De plus, le premier ministre Justin Trudeau a tenu à rappeler que quatre vaccins sont en développement. Le Canada est parmi les premiers pays en lice pour recevoir des doses de l'un de ces vaccins. Il ne reste qu'à déterminer quels membres de la population auront accès aux vaccins en premier.

Le manque de personnel dans le système de la santé rend le réseau fragile.
Le manque de personnel dans le système de la santé rend le réseau fragile. (Crédit photo : Jade Baril, L'Atelier)