Le silence règne dans les salles de spectacles depuis plusieurs mois. Avec le confinement strict du printemps dernier, de nombreux spectacles ont été annulés et les artistes ont dû se réinventer pour accompagner la population dans cette période exceptionnelle. Des ciné-parcs aux spectacles virtuels, les artistes ont fait contre mauvaise fortune bon cœur.

"La pandémie a eu un gros impact", lance d'emblée Martin Véronneau, chargé des relations de presse et de la promotion radio du groupe 2Frères. Et pour cause : le groupe s'apprêtait à faire la tournée de son troisième album À tous les vents quand le Québec a été mis sur pause, en mars 2020, pour contrer la progression du virus.

"Cette situation nous fait travailler plus au ROSEQ. Les tournées se programment en principe un an à l'avance, mais en raison de la crise sanitaire, on a dû soit annuler, soit reprogrammer des spectacles. [En gros], on a dû refaire les programmations quatre fois [en moyenne] ", explique Bertille Courtis, agente aux communications du Réseau des Organisateurs de Spectacles de l'Est-du-Québec (ROSEQ).

Place à l'innovation

À l'instar du groupe 2Frères, les artistes ont dû trouver une parade pour exercer leur art et pour accompagner la population dans cette crise sanitaire. Les interprètes de Nous autres ont innové avec les concerts en mode ciné-parc.  " Les gens ont vraiment apprécié ", commente M. Véronneau. D'autres ont utilisé le virtuel pour communiquer avec leur public. Les spectacles virtuels "encouragent [la culture]. Ce qu'il faut rappeler, c'est que le public est un baume au cœur pour les artistes", relève pour sa part Mme Courtis.

Des structures comme la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) ont décidé d'allouer une partie des revenus de licences collectés sur Facebook et Instagram aux artistes. Dans le cadre d'un programme intitulé Encore !, un montant de 150 $ est versé aux artistes. Ce programme a débuté en mars 2020 et devrait prendre fin en mars 2021, nous a fait savoir Lucie Lauckham.

Mais le virtuel "ne remplace clairement pas un concert [en direct] et la connexion que l'on a avec l'artiste à ce moment-là", confie Andréa Spirito, une étudiante ayant assisté au concert de Dua Lipa. Sa perception est aussi partagée par Marius Gellner, également étudiant, qui a assisté à un concert de Klô Pelgag et a éprouvé des problèmes de connexion à Internet. "Ça n'a pas le charme d'un concert en présentiel. L'artiste ne peut pas vraiment interagir avec le public. Honnêtement, ça m'étonnerait que cela puisse survivre dans le temps", conclut-il.