Au paroxysme de la culture populaire, les mèmes – des images à tendance humoristique partagées sur internet – posent un regard tantôt léger, tantôt satirique sur la présente pandémie du coronavirus.

«On sait tous collectivement que ça va mal», explique Vincent Houde, l'administrateur de la page de mèmes la plus populaire au Québec: Fruiter. «On se serre les coudes et c'est important de continuer de rire. »

«L'humour a des vertus anxiolytiques», prétend Arnaud Soly, l'humoriste qui, via ses nombreuses plateformes, multiplie les vidéos d'humour en lien avec la crise actuelle. «Dans une période comme celle-ci où l'anxiété de la société est à son apogée, je pense que l'humour peut devenir un calmant.»

«Dans les mèmes comme dans le monde du divertissement, sans paraître opportuniste, [une telle situation] c'est énorme!», explique Vincent Houde. «Tous les gens se sont maintenant rués vers leurs médias sociaux.»

Le rire comme remède

«C'est un moyen naturel de sécréter de la sérotonine», explique la psychologue Ines Lopes. «En temps de crise particulièrement, on besoin de choses qui nous font du bien et je recommande tout le temps de rire.»

«L'humour, c'est transformateur», mentionne Karine Leclair, qui présente des ateliers d'humour à des gens vivant avec des problèmes de santé mentale. «Devenir témoin de la situation et d'en rire permet d'être résilient, d'accepter la situation tout en continuant.»

L'humour, nonobstant sa plateforme de diffusion, reflète les enjeux actuels de société. Nicolas Rome, administrateur d'une page de mèmes Facebook cumulant près de 5 000 mentions «j'aime», affirme que "dans le milieu du mème québécois, ce sont surtout les pages d'humour à tendance politique ou à tendance absurde [qui priment], mais un événement de la sorte permet une uniformisation des mèmes puisque tout le monde en parle."

Les mèmes peuvent en effet apporter une certaine légèreté à la situation. Vincent Houde et Nicolas Rome semblent s'entendre sur le fait qu'il est important de ne pas enlever de poids aux informations qui sont partagées. «Propager l'info, pas le virus, cela s'applique aussi au milieu du mème j'ai l'impression», affirme Nicolas Rome.

Photo: Fruiter
Photo: Fruiter (Crédit photo : Milik Bélanger-Sévigny)