Les indépendantistes kanaks contesteront le résultat

La Nouvelle-Calédonie maintient son troisième référendum.

Le référendum sur l'indépendance en Nouvelle-Calédonie n'est pas légitime, selon Charles Washetine, porte-parole du Parti de libération kanak (Palika). Il accuse du même coup la France de «mépriser le peuple premier» de Nouvelle-Calédonie. Le Palika et le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) ont appelé la population kanake à boycotter le vote pour des raisons culturelles. Les deux partis indépendantistes contesteront le résultat au lendemain du vote.

La tradition avant le référendum

Le Conseil d'État français a annoncé mardi avoir refusé de reporter la date du référendum, fixée au 12 décembre, après que des citoyens et des associations de la collectivité d'outre-mer eurent demandé un délai en raison du contexte pandémique. La COVID-19 a frappé de plein fouet l'archipel du Pacifique Sud au mois de septembre, entraînant ainsi la mort de 279 personnes, dont des Kanaks, un peuple autochtone présent sur le territoire depuis plus de 3000 ans. « L'État a maintenu la date en fonction de ses propres intérêts. On ne peut pas faire campagne dans des conditions de deuil, affirme M. Washetine. La France a cédé à la position de la droite locale. » Le Sénat coutumier kanak a décrété à compter du 6 septembre 2021 "un deuil kanak d'une année", rite funéraire important dans la culture kanake.

Tentative de décolonisation

«Il s'agit d'une démarche d'autodétermination et de décolonisation», renchérit le leader indépendantiste. Avec ce référendum, les Kanaks souhaitent faire reconnaître à la France que la colonisation a porté atteinte à leur dignité et à leur identité. Sonia Backès, présidente du parti loyaliste Les Républicains calédoniens, estime que le FLNKS se sert du deuil comme prétexte pour manipuler l'opinion publique. «Il n'y a aucune raison valable de contester ce référendum», a-t-elle soutenu à la télévision locale.

C'est sur la question suivant que doivent se prononcer 185 004 électeurs : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » Deux précédents scrutins, en 2018 et en 2020, avaient été remportés par le camp du Non avec 56,7 % puis 53,3 % des votes.