Les fausses cartes ne tiennent pas leurs promesses

Ces subterfuges sont facilement reconnaissables

Les fausses cartes ne tiennent pas leurs promesses
Le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substance indique qu’aucune quantité d’alcool n’est bonne pour la santé. PCC0 1.0 Universal

Même si elles sont très populaires et accessibles chez les mineurs qui souhaitent acheter de l’alcool et festoyer dans les bars, les fausses cartes se détectent facilement et ne sont pas infaillibles.

Taïla Nadeau Biurranera s’est procuré une fausse carte lorsqu’elle était mineure pour pouvoir acheter de l’alcool et fréquenter les bars. La jeune femme s’est procuré une fausse pièce d’identité grâce à l’application Snapchat, après qu’une de ses connaissances eut partagé la story d’une personne produisant de fausses cartes.

Il lui a suffi de virer soixante dollars au contrefacteur pour entrer en possession de sa nouvelle identité. Elle est d’avis que les fausses cartes sont très accessibles «Les dealers sont juste là pour se faire de l’argent», dit-elle.

Kevin M. Majaducon croit que les fausses cartes sont également très accessibles, particulièrement à Montréal. Le jeune homme qui a grandi dans un quartier défavorisé connaissait beaucoup de personnes qui ont suivi la route de la criminalité en créant de fausses cartes à l’aide de machines d’impressions 3D.

À titre d’intermédiaire, il mettait en relation les consommateurs et les faussaires. «Les personnes qui me demandaient cette carte étaient souvent des mineurs qui voulaient sortir dans les bars», affirme-t-il.

Une détection facile

Olivier Pépin, gardien de sécurité pour la compagnie Archer qui se spécialise dans l’événementiel et les clubs, croit être très efficace pour distinguer les fausses cartes des vraies. «Nous faisons un bon travail à la porte pour trier les mineurs des majeurs, donc j’ai confisqué beaucoup de fausses cartes.» Pour l’agent de sécurité, il est très important que les mineurs n’entrent pas dans l’édifice et ne prennent pas un verre sinon il court le risque de perdre son emploi.

L’agent de sécurité nuance toutefois: « Tout dépend de la formation que tu as eue. Avec mon agence, on nous montre vraiment comment discerner les vraies cartes des fausses cartes, mais je sais que ce n’est pas comme ça partout. »

Jérémi Pelletier-Lussier, gérant d’un Couche-Tard depuis plusieurs années, a la même mission au sein de son milieu de travail. « Je “carte” tout le monde en bas de 25 ans, et ce, même pour les briquets. Ce qu’ils font souvent, c’est qu’ils prennent les cartes de leurs amis majeurs et ils étampent leur photo dessus», explique le gérant.

Mme Nadeau Biurranera, comme plusieurs mineurs avec des pièces d’identité falsifiées, a vu des défauts évidents sur sa carte. «La fleur de lys est mate au lieu d’être brillante, et c’est vraiment moins épais qu’une vraie carte», affirme-t-elle. Pour cette raison, la jeune femme s’est fait couper sa carte par un agent de sécurité dans un bar populaire de son quartier quelque temps après l’achat de son permis de conduire falsifié.