Après un an d'incertitude, les clients d'Air Canada qui ont acheté un billet au plus tard le 22 mars 2020 pour des vols prévus après le 1er février 2020 vont pouvoir dès maintenant faire une demande de remboursement.

C'est une bonne entente pour le Canada et pour les Canadiens« - Chrystia Freeland

Tous les voyageurs qui ont accepté un dédommagement sous la forme d'un crédit voyage ou de points Aéroplan pourront eux aussi avoir accès à cette option de remboursement.

Air Canada a ouvert une section sur son site internet pour faciliter ces transactions. Les clients auront ainsi jusqu'au 12 juin prochain pour faire leur demande de remboursement.

Espoir pour les voyageurs

Pour Julie Burgoyne, détentrice de crédits avec WestJet à la suite de son annulation de voyage, c'est un soulagement de voir que le plus gros transporteur aérien du pays va permettre un remboursement, une "première étape" vers des remboursements de la part des autres compagnies.

Celle qui se préparait à partir en Alberta en mai 2020 a décidé d'annuler à cause de la COVID-19. "Les vols n'étaient pas annulés quand j'ai demandé mon annulation. Mais ça ne nous tentait pas de faire notre voyage finalement, à cause des restrictions qu'on allait rencontrer. En plus, on a appris ma grossesse et on a décidé que c'était trop risqué."

Elle mentionne aussi tous les problèmes qu'elle a eus lorsqu'elle a voulu se faire rembourser : "Pendant des semaines, j'ai essayé d'appeler la compagnie avec qui on avait réservé; impossible de les joindre. Après beaucoup de paperasses et d'appels téléphoniques, on nous a accordé des crédits bons jusqu'en mars 2022 pour des vols aux mêmes endroits."

"Aujourd'hui, je regardais mes crédits et je me disais : est-ce que je vais pouvoir voyager en mars 2022 ? Alors, je suis soulagée de voir qu'il va se passer quelque chose, qu'on va revoir notre argent et que le gouvernement [fédéral] a pris au sérieux nos demandes, et j'espère que l'offre va s'étendre sur les autres transporteurs aériens."

Aide de 5,9 milliards de dollars

Le plan d'aide d'Ottawa a été mis en place afin de protéger les voyageurs et les contribuables, mais aussi les employés d'Air Canada, a souligné lundi soir la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland.

Ottawa s'engage à offrir un plan d'aide de 5,9 milliards de dollars, en échange d'une série d'engagements que devra respecter Air Canada, tel que:

1. Offrir à tous les clients qui le demandent un remboursement pour toutes les annulations liées à la pandémie;

2. Reprendre les liaisons aériennes qui ont été suspendues entre les communautés régionales et le reste du pays, au plus tard le 1er juin;

3. Protéger les emplois du secteur aérien, les pensions et les conventions collectives;

4. Demeurer un client du secteur aérospatial canadien;

5. Ne pas utiliser les sommes pour bonifier la rémunération des patrons. Les salaires seront donc plafonnés à un million de dollars par année, tant que la compagnie n'aura pas remboursé le prêt.

"Le secteur aérien est un secteur stratégique pour notre économie, et notre négociation avec les autres transporteurs aériens se poursuit", a affirmé le premier ministre Justin Trudeau.

Les contribuables paient, selon le Bloc

Le chef du Bloc québécois, Yves-Francois Blanchet, semble perplexe à l'idée qu'Air Canada soit la première entreprise que le gouvernement choisit d'aider. "Ils n'ont pas d'enjeu de liquidité, ils n'avaient pas besoin d'argent public pour rembourser les billets", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse mardi.

À ses yeux, cette mesure montre que "c'est en bonne partie les citoyens qui se trouvent à rembourser leur propre billet d'avion", car l'argent consenti par Ottawa vient des contribuables.

Le Bloc québécois pense qu'il serait "naïf" de s'en réjouir trop vite. Il a rappelé que les libéraux ont voté pour une loi rétroactive qui libère Air Canada de ses obligations en matière de maintien d'emplois.