L'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) a contesté, mardi, l'ordre de priorité du vaccin contre la COVID-19 annoncé la veille par le gouvernement Legault.

Si le virus entre dans ces communautés-là, ça pourrait avoir des conséquences désastreuses« - Le Dr Nicholas Brousseau

Alors que les recommandations du Comité sur l'immunisation du Québec placent les 46 000 individus issus de communautés éloignées et isolées avant les aînés ne vivant pas en résidence, qui sont plus de deux millions, le directeur général de l'AQDR, Serge Séguin, a tenu à rappeler que "les aînés sont les premières victimes de la COVID-19" et qu'ils devraient donc être vaccinés en priorité.

Son organisme suggère que l'ordre de vaccination soit basé uniquement sur des critères de vulnérabilité physique. Les plus jeunes habitant en régions recluses ne devraient donc pas faire l'objet d'un traitement de faveur.

De son côté, le ministère de la Santé et des Services sociaux précise que le plan de vaccination ne sera pas nécessairement chronologique. "Si les vaccins sont disponibles, la vaccination peut se faire en parallèle dans les communautés éloignées et ailleurs au Québec", signale la relationniste
Marie-Claude Lacasse.

Des communautés très à risque

Certes recluses, les populations des communautés éloignées font face à un risque de contagion plus petit que les aînés. C'est donc la menace de complications graves et l'accès aux soins difficile qui a fait pencher la balance, du côté des autorités sanitaires.

Nicholas Brousseau, médecin à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), croit que le Québec peut s'estimer chanceux d'avoir évité des éclosions majeures de COVID-19 parmi les peuples autochtones du Nunavik et de la Baie-James, notamment. "Si le virus entre dans ces communautés-là, ça pourrait avoir des conséquences désastreuses".

En 2009, les individus de ces deux régions avaient été durement touchés par la grippe A (H1N1).

Selon le bilan épidémiologique de l'INSPQ, les incidences de patients transférés aux soins intensifs étaient treize fois plus élevées dans les "région[s] sociosanitaire[s] à prédominance autochtone".