L'industrie aéronautique ayant été durement touchée par la pandémie de COVID-19, Air Canada offrira 5 $ par action de Transat à la suite de la révision de l'entente qui, l'année dernière, allouait un montant de 18 $ par action. L'entente a été entérinée par les actionnaires, malgré la diminution des montants offerts.

Cela fait 10 ans que Transat ne fait plus d'argent l'hiver« - J.-M. Eustache

Les actionnaires auront aussi le choix d'échanger leurs actions contre 0,2862 action d'Air Canada. L'offre d'Air Canada a diminué d'environ 190 millions de dollars par rapport à l'année dernière, une baisse qui s'explique par la pandémie et ses impacts sur les revenus des compagnies aériennes.

Plus de 91 % des actionnaires ont voté en faveur de la nouvelle entente. "Vous avez pris la bonne décision", a affirmé le président et chef de la direction d'Air Transat, Jean-Marc Eustache.

Ce dernier a rappelé en début d'assemblée les effets néfastes de la COVID-19 sur l'entreprise. "Il faut dire que le monde a changé depuis l'assemblée du 23 août 2019, a-t-il soutenu. La COVID a frappé la planète, provoquant des ravages dans certains secteurs de l'économie, celui du voyage et du transport aérien au premier rang."

Manque de soutien

Le président de Transat a mentionné que le chiffre global des compagnies d'aviation avait chuté de 61 %, ce qui représente une perte de plus de 500 milliards de dollars américains. Les clients de Transat, dont le vol a été annulé en raison de la COVID-19, se sont fait offrir un crédit voyage et non un remboursement. "On est très malheureux de ne pas pouvoir rembourser nos clients", a déclaré le M. Eustache en point de presse téléphonique. "Mais pour ça, il faut que l'on obtienne de l'aide."

"Pourquoi les compagnies aériennes ailleurs dans le monde ont-elles pu rembourser? Parce que les gouvernements leur ont donné de l'argent", a-t-il ajouté.

Moins d'une heure avant l'assemblée virtuelle, Transat A.T. avait annoncé avoir reçu, à la fin novembre, une proposition "non sollicitée". Cette offre confidentielle a été rejetée par le conseil d'administration. Les critères exacts ayant mené au rejet de la proposition n'ont pas été révélés, mais il a été mentionné que le minimum de 6 $ par action était respecté. L'identité du prétendant n'a pas été précisée, mais l'homme d'affaires et actionnaire de contrôle de Québecor Pierre Karl Péladeau a déjà publiquement dit suivre de près le dossier.

"Jusqu'à la dernière minute, nous avons travaillé de façon sereine et responsable, a affirmé M. Eustache, en évoquant des réunions du comité spécial et du conseil d'administration qui se sont terminées tard, lundi. Le conseil a décidé que cette proposition n'était pas supérieure et que nous ne pourrions l'accepter".

Si la transaction avec Air Canada avortait, M. Eustache pense que Transat A.T. serait en mesure de survivre, mais l'entreprise aurait besoin de 500 millions pour être en mesure de poursuivre ses activités, l'an prochain. Elle aurait aussi besoin d'un partenaire.

"Cela fait 10 ans que Transat ne fait plus d'argent l'hiver, a lancé M. Eustache, 10 ans qu'elle fait de l'argent un été sur deux. On pouvait s'imaginer qu'elle avait besoin d'une alliance forte avec quelqu'un de bien installé [dans l'industrie]. C'est fini d'être seul."

La transaction avec Air Canada doit toujours obtenir l'aval des autorités réglementaires au Canada ainsi qu'en Europe. La Commission européenne devrait se prononcer autour du 9 février. On ignore quand Transports Canada fera connaître sa décision. Selon M. Eustache, le processus devrait s'accélérer, puisque les actionnaires se sont à nouveau prononcés en faveur de la transaction.

Avec La Presse Canadienne