L'émission Faits Divers, diffusée sur les ondes de Radio-Canada, tirera sa révérence après une quatrième saison de six épisodes. Celle-ci est considérée comme la plus « sanglante » de toutes, selon le réalisateur, Stéphane Lapointe. L'univers fictif de l'autrice Joanne Arseneau s'annonce plus tordu que jamais, malgré un tournage en pleine crise sanitaire. "C'était surtout l'équipe technique qui était masquée [et qui portait] des lunettes, mais ça nous a moins freinés que je l'aurais cru, avance M. Lapointe en conférence de presse sur Zoom. On a pu être ingénieux, bien s'en sortir et faire ce qu'on avait en tête."

Intégrer la COVID-19

En plus d'une production handicapée par la COVID-19, la réalisation a choisi d'inclure la pandémie mondiale dans le fil narratif de son ultime saison. Mme Arseneau explique avoir craint, avant le début de la production, la réaction des spectateurs quant à l'intégration subtile du virus dans cet univers. "Je n'avais pas fini d'écrire la série en mars [2020] et je me demandais comment allaient être les spectateurs, explique-t-elle. Allaient-ils vouloir en entendre parler ou pas du tout?" À plusieurs moments, les personnages de Faits Divers abordent le sujet du virus, portent le masque et adoptent les mesures de distanciation; le tout est subtil, sans occuper l'entièreté du fil narratif.

Une saison rocambolesque

Dans cette quatrième et dernière saison, l'enquêtrice Constance Forest (Isabelle Blais) entre dans un monde qui semble parallèle à celui du crime de Montréal, celui des cartels mexicains. Accompagnée des acteurs principaux de la saison précédente, l'actrice est rejointe à l'écran par Simon Lacroix, Éric Bruneau et Paul Houde dans des rôles excentriques.

Un premier épisode mouvementé, témoin de plusieurs décès dès ses premières minutes, nous introduit au monde des cartels de drogue mexicains dans la région de Mascouche. Le tout, quoiqu'un peu bousculé, permet rapidement de prendre le pouls de l'atmosphère de la série, sans pour autant la rendre prévisible. La production de l'émission avoue d'ailleurs qu'il y aura "beaucoup de monde qui meurt cette année", au grand désarroi de son auditoire fidèle.

Un adieu difficile

D'ailleurs, avec autant de succès, on peut se demander pourquoi il était nécessaire de boucler la boucle. Le premier directeur André Béreau a d'ailleurs expliqué le deuil nécessaire que lui et son équipe doivent vivre, après quatre saisons. "On s'est dit qu'on est arrivés à beaucoup de moments marquants et qu'on pouvait [...] passer à autre chose. C'était difficile comme décision." L'autrice Joanne Arseneau s'est dite satisfaite de la conclusion de la série, qui sera diffusée dès février. La productrice, Sophie Deschênes, mentionne une possible adaptation anglophone à Vancouver.