Santé Canada est sur le qui-vive pour le vaccin Johnson & Johnson, à la suite de la décision des États-Unis d'interdire son administration après six cas de caillots sanguins chez des Américains.

Cette technologie démontre tout de même une efficacité extrêmement forte - Benoit Barbeau, virologue (UQAM)

Les autorités sanitaires américaines ont déclaré, mardi, l'interdiction d'administrer le vaccin Johnson & Johnson pour le moment. Plus de 6,8 millions de doses ont déjà été administrées à la population américaine.

La même journée, en point de presse, le premier ministre Justin Trudeau a confirmé que Santé Canada allait prendre toutes les précautions pour assurer la sécurité des Canadiens, mais que "même sans Johnson & Johnson, 44 millions de doses seront disponibles d'ici la fin juin". Les premières fioles de ce vaccin doivent arriver au Canada à la fin du mois d'avril.

"On espère que ce sera des doses que nous pourrons utiliser pour protéger les Canadiens de la COVID-19, mais nous allons prendre nos décisions basées sur les recommandations de Santé Canada'', a ajouté le premier ministre.

Sur Twitter, Santé Canada a souligné "suivre cette situation de près" et "a demandé à Janssen [le fabricant du vaccin] de l'informer de tout cas de ces problèmes de coagulation rares ».

Pour le moment, le gouvernement fédéral n'a pas l'intention d'annuler le contrat signé il y a plusieurs mois avec l'entreprise pharmaceutique, a précisé M. Trudeau. Ce vaccin à dose unique a été approuvé par Santé Canada au début mars, et 10 millions de doses ont été commandées par Ottawa.

Des vaccins différents

Les cas de thrombose observés chez les patients ayant reçu le vaccin de Johnson & Johnson rappellent ceux observés dans plusieurs pays à la suite de l'administration du vaccin AstraZeneca, dont le Canada répertorie son premier cas aujourd'hui.

Ces deux vaccins sont fabriqués avec la même technologie qui transporte le gène, issu du virus du rhume, directement dans le corps.

"Cette technologie démontre une efficacité extrêmement forte. Cependant, il semblerait [selon deux études] que, dans certains cas rares, il y ait une attaque des plaquettes qui mène à une suractivation de celles-ci" qui peut créer des caillots sanguins, explique Benoit Barbeau, expert en virologie et professeur en sciences biologiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Il faut rappeler que les plaquettes permettent la coagulation du sang, par exemple, lors d'une coupure.

Les doses arrivent
au Canada

Il est important de respecter les règles sanitaires, puisque les variants sont plus présents et contagieux, a souligné, lors du point de presse, l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam.

Au Québec, le quart de la population a reçu sa première dose du vaccin. De plus, les résidents des CHSLD recevront leur deuxième dose de vaccin cette semaine.

Ottawa a livré plus de 11,3 millions de doses de vaccins aux provinces et aux territoires à ce jour.