Malgré le retrait du gouvernement du projet de tramway à Québec "sous sa forme actuelle", les groupes environnementaux voient beaucoup de positif dans le discours du ministre des Transports qui appuie l'élément le plus fondamental du projet.

Plusieurs organismes défendant l'implantation du projet de réseau structurant de transport en commun (RSTC) se disent très satisfaits de la réponse du ministre François Bonnardel face au "rapport critique" rendu lundi par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Dans son rapport de 441 pages, la Commission du BAPE estime que les banlieues ne sont pas suffisamment desservies par le tracé tel que proposé par la Ville de Québec. Le rapport conclut notamment "peu convaincante" l'étude commandée par la Ville de Québec pour déterminer le choix du tramway comme moyen de transport principal du réseau.

Selon le directeur général de l'organisme Vivre en Ville, Christian Savard, "il n'y a rien, dans ce rapport, qui fasse une démonstration solide que le tramway n'est pas adapté à Québec. On fait davantage face à des opinions qu'à des faits vérifiables." Pour sa part, le Conseil régional de l'environnement (CRE) de la Capitale-Nationale se dit "déçu, mais peu surpris" du rapport rendu public lundi par le BAPE. Le CRE remet en doute "les compétences" des commissaires dans un communiqué publié lundi.

La colonne vertébrale ne bougera pas

"Avant toute chose, on a besoin d'une colonne vertébrale forte. Quand je parle de colonne vertébrale, c'est le choix [du] modèle lourd qu'est le tramway qui est pour moi le plus adéquat aujourd'hui", a indiqué François Bonnardel mardi en conférence de presse à l'Assemblée nationale.

Les organismes qui défendent le projet de tramway à Québec ont rapidement répondu favorablement aux déclarations du ministre, croyant qu'il défendra les intérêts environnementaux et citoyens. "Il confirme le plus gros morceau. Le tramway est au cœur du projet de réseau structurant. La colonne vertébrale ne change pas. Pour moi, c'est majeur", a réagi le directeur général d'Accès Transports viables, Étienne Grandmont, dans un communiqué.

Le projet doit se faire, le ministre le sait.«  Christian Savard

Christian Savard se dit surpris par la couverture "négative" suivant le point de presse de François Bonnardel. Pour lui, l'annonce du ministre fait partie du processus normal d'acceptation. "Le plus important pour moi, c'est que le ministre Bonnardel dit qu'il continue à appuyer le tramway, ce qui est le contraire de ce que dit le rapport du BAPE. Ça m'aurait surpris qu'il dise qu'il achète le projet tel quel de la Ville de Québec", a-t-il ajouté.

Un des principaux organismes environnementaux du Québec, Équiterre, a salué les efforts du ministre concédant qu'il est certainement possible de faire mieux. "On va de l'avant avec le RSTC ! Le projet peut certainement être amélioré, mais sa colonne vertébrale, le tramway, est LA meilleure option", ont-ils écrit sur leur compte Twitter en réponse à M. Bonnardel.

Le gouvernement reste prudent

Malgré les commentaires rassurants, le gouvernement caquiste souhaite prendre tout le temps nécessaire afin de s'assurer que le RSTC desserve une plus grande partie de la population en banlieue de Québec. "Le gouvernement ne donnera pas son aval à ce projet, tel que déposé, s'il n'y a pas d'améliorations et de bonifications pour les dessertes pour les banlieues", a précisé le ministre.

M. Bonnardel espère rencontrer dans les prochains jours le maire de Québec, Régis Labeaume, pour lui proposer notamment des modifications au tracé du tramway. Lundi, le maire a vivement critiqué le rapport du BAPE qu'il a qualifié de "tronqué, biaisé et rempli d'incohérences." Au moment d'écrire ces lignes, le maire de Québec n'a toujours pas commenté la décision du gouvernement.