À l'aube d'un temps des fêtes particulier, les petites et moyennes entreprises montréalaises se préparent à une période imprévisible. Les propriétaires, incertains, ne savent pas si l'engouement autour de l'achat local leur permettra de survivre à la baisse de revenus imposée par la
COVID-19.

Marie Letard, propriétaire de la boutique Bouche Bée à Montréal, avoue que le mois de décembre amènera son lot de défis pour un commerce comme le sien : "Il y a beaucoup à faire avec toujours la même petite équipe et les nouvelles restrictions du gouvernement". La boutique de décoration et d'accessoires n'a pourtant pas été victime de la crise du nouveau coronavirus sur le plan de son chiffre d'affaires : "Si on regarde l'été ou les derniers mois, on a eu plus de trafic que les années précédentes", affirme la propriétaire.

Pour Casa Luca, une boutique similaire du quartier Ahuntsic-Cartierville ouverte depuis 25 ans, l'année est aussi bonne que les précédentes : "On a une grosse hausse, tout va très bien. On a beaucoup de marchandise, dont 1500 produits sur notre boutique en ligne qui ont extrêmement bien fonctionné", explique Susie Huneault, propriétaire du magasin. La boutique offre une variété d'idées cadeaux surprenantes, d'accessoires de décoration exclusifs, d'articles de cuisine inusités et de bijoux au goût du jour.

Moment critique pour les PME en alimentation

Les commerces jugés essentiels, eux, sont plus durement touchés par l'annulation des festivités de Noël. "Quoique minime, il y a définitivement une baisse dans les ventes de produits, dit Mahmoud Abdel Gawad, propriétaire de la fromagerie Paradis du Fromage. Ce qui est certain, c'est qu'on a beaucoup plus de pertes en termes de produits périssables." M. Abdel Gawad ne se décourage tout de même pas avec la venue de mois tranquilles comme
janvier et février.

Les commerçants en alimentation ne sont pas les seuls à
affronter la pandémie de la COVID-19. En effet, plusieurs nouveaux entrepreneurs sont laissés au dépourvu à la veille d'une période habituellement significative en matière de revenus. N'ayant droit à aucune aide gouvernementale vu l'absence d'un chiffre d'affaires pour l'année précédente, les nouvelles entreprises sont laissées à eux-mêmes: "Nous sommes installés dans le milieu alimentaire des épiceries fines. La crise nous a frappés de plein fouet, avant même que nous puissions démarrer le tout correctement.", constate Michaël Quevillon, nouvellement co-propriétaire d'une entreprise se spécialisant dans les sirops pour boissons
alcoolisées. Il s'estime tout de même chanceux du goût marqué de la population québécoise pour les produits de sa province.

Une opportunité de se réinventer

Avec l'augmentation majeure de la vente en ligne, la compagnie Coq'Tail se concentre sur les réseaux sociaux pour promouvoir ses produits. Le propriétaire montréalais demeure optimiste malgré l'arrivée d'un Noël plus que singulier : "Nous soutenons des entreprises locales en leur offrant des paquets ''Coq'tail'' tout emballés de façon à donner un peu de bonheur même s'ils ne peuvent pas faire de party de bureau!, s'enthousiasme M. Quevillon. Nous savons que ce sont des mois difficiles, mais le retour à la normale nous sera avantageux sans l'ombre d'un doute!" Le gestionnaire n'est tout de même pas désespéré, puisque le commerce connaît chaque année des périodes plus creuses. "D'année en année, COVID ou pas, les mois de janvier et de février sont vraiment très calmes. " Ainsi, Michaël Quevillon reste confiant par rapport à l'avenir.

Bouche Bée, une boutique de la rue Ontario, se spécialise dans la vente de produits de cuisine, de mode et d'autres accessoires de bien-être. 
Bouche Bée, une boutique de la rue Ontario, se spécialise dans la vente de produits de cuisine, de mode et d'autres accessoires de bien-être. (Crédit photo : Crédit : Instagram (Bouchebeemtl) - L'Atelier)