Le port du masque devient obligatoire dès maintenant partout au Québec quand deux personnes, ne résidant pas à la même adresse, y compris des conjoints, se rencontrent à l'extérieur.

La situation reste grave et risque de s'aggraver.« - François Legault

Le premier ministre québécois, François Legault, souhaite freiner la troisième vague en cours. Il justifie son choix en raison de l'augmentation du nombre de cas depuis quelques jours, mais aussi pour contrer les nouveaux variants qui sont plus contagieux et plus mortels.

Accompagné par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et le directeur national de santé publique du Québec, Horacio Arruda, le premier ministre a déclaré que "la situation reste grave et risque de s'aggraver".

Des régions à surveiller de près

M. Legault se dit inquiet pour la ville de Québec et les régions de l'Outaouais et de Chaudière-Appalaches. Pour le moment, ces trois régions sont soumises à des mesures spéciales d'urgence jusqu'au 25 avril. Le couvre-feu demeure à 20 h, les commerces non essentiels et les écoles restent fermés.

L'inquiétude gagne Montréal et Laval, où le nombre de cas reste élevé mais stable. "On souhaite garder les écoles ouvertes, mais ce n'est pas impossible qu'on change dans les prochaines semaines", a souligné François Legault.

La région de la Côte-Nord, elle, passe du jaune à l'orange.

"Dans l'ensemble du Québec, la situation reste fragile", selon le premier ministre québécois. "Ça repousse le moment où on pense revenir à la normale. [...] Le 24 juin demeure la date à laquelle on peut penser commencer à retrouver la normalité", a-t-il laissé entendre d'une voix hésitante.

"On a deux gros mois devant nous", a lancé M. Legault.

Par la suite, il a reconnu que l'échéancier devrait être repoussé. "Il va falloir que tout le monde soit vacciné avant qu'on pense pouvoir revenir à la normalité", a-t-il indiqué.

Les masques dans le viseur du gouvernement

M. Legault s'est également adressé aux jeunes, envers qui il est "très reconnaissant depuis un an". Il justifie les nouvelles mesures en garantissant qu'il y va de leur santé. Il constate une "nette" augmentation des cas graves chez eux.

L'Atelier s'est rendu au parc montréalais Sir-Wilfried-Laurier, où deux jeunes femmes assises ensemble ont accepté de témoigner à propos de cette nouvelle annonce.

La première, Laurène, estime ne courir "aucun risque à l'extérieur" et choisira donc de ne pas respecter cette nouvelle règle.

Son amie, Kamila, est employée dans le secteur de la santé et dit ne pas comprendre cette décision du gouvernement Legault. "On va tous mourir, que ce soit à cause de la nourriture, du cancer ou de la COVID" a-t-elle expliqué.

La vaccination, une course contre la montre

Du côté des vaccins, deux millions de doses ont été administrées au Québec en date du 13 avril.

Christian Dubé a annoncé qu'à compter de demain, les travailleurs essentiels et les personnes atteintes de maladies chroniques vont pouvoir prendre rendez-vous partout au Québec.

Interrogé quant au premier cas de thrombose lié au vaccin AstraZeneca au Québec, M. Dubé a confié qu'il "savait que ça allait arriver".

"On a plus de 100 000 personnes vaccinées sur les cinq derniers jours et on n'a qu'un cas [...] On fait de l'hypervigilance", a-t-il poursuivi.

"Le vaccin, c'est la liberté pour tous", a conclu le premier ministre Legault.

Dans les dernières 24 heures, le Québec a signalé 1490 nouveaux cas d'infection de COVID-19, pour un total de 329 472 cas confirmés. Trois décès sont également venus s'ajouter au bilan. On dénombre 13 hospitalisations supplémentaires dans la province, et 56 620 nouvelles doses de vaccins ont été administrées.