sans les informations pour se préparer de manière adéquate, la police du Capitole avait des effectifs insuffisants pour contrer une foule extrêmement violente. - Steven Sund, ancien chef de la police du Capitole

Manque d'effectif, de préparatif de sécurité et mauvaise communication sont parmi les causes de l'assaut du Capitole le 6 janvier dernier, d'après l'ancien chef de la police du Capitole, Steven Sund et de l'ancien sergent d'armes de la Chambre des représentants, Paul Irving, qui témoignaient devant le Sénat aujourd'hui lors de la première audition.

Alors que Donald Trump contestait encore les votes en janvier dernier, il demanda aux républicains de se lever le 6 janvier et de contester les votes pour se faire entendre par la force. Ce faisant, des manifestants ont pris d'assaut le Capitole attaquant directement la démocratie. Les républicains avaient comme objectif d'empêcher la certification des résultats de Joe Biden à la présidence. Lors de la manifestation, 5 personnes ont perdu la vie, dont un policier du Capitole et les élus ont dû être évacués.

Les failles principales de la réussite de l'assaut au Capitole en trois points :

1) Manque de préparatif de sécurité

Lors de l'audition au sénat, Steven Sund, ancien chef de la police du Capitole, affirme que "la sécurité n'était pas préparée à s'opposer à des centaines de personnes, dont certaines armées". L'ex-sergent d'armes de la Chambre des représentants, Paul Irving décrète que " sur la base des renseignements que nous connaissions, nous pensions être prêts ". À l'avenir, il y aura plus de sécurité à l'intérieur du Capitole et sur le terrain de celui-ci en tout temps. Comme le rapporte, Valérie Beaudoin, chercheure associée à l'Observatoire sur les États-Unis, des bombes artisanales avaient été placées autour du Capitole de façon inaperçue.

2) Mauvaise communication

Les défaillances des services de renseignement sont une des principales causes de la réussite de cette émeute. La veille de l'attaque, "un rapport d'un bureau local du FBI avait alerté la sécurité du Capitole sur des possibilités d'attaque, mais le document, transmis dans la soirée à la police du Capitole, n'avait pas circulé à l'interne", a révélé M. Sund. Lors de l'audition au Sénat aujourd'hui, la sénatrice démocrate Amy Klobuchar, juge ce manque de communication " très perturbant " des services fédéraux de renseignements. Steven Sund, ancien chef qui a quitté ses fonctions après l'assaut, a rapporté que " sans les informations pour se préparer de manière adéquate, la police du Capitole avait des effectifs insuffisants pour contrer une foule extrêmement violente. "

3) Manque d'effectif

La lenteur du Pentagone à déployer des renforts de la Garde nationale pour s'opposer aux manifestants fut aussi une des causes de la réussite de la prise du Capitole. Steven Sund a expliqué avoir réclamé très tôt des renforts et contacté M. Irving dès 13H09 le jour de l'assaut pour obtenir son feu vert. Ce dernier déclare " ne pas s'en souvenir et n'avoir aucune trace de cet appel dans son téléphone ". Alors qu'il était 14 h 28, Sund a lancé l'appel à l'aide, alors que des centaines de personnes forçaient déjà les entrées du siège du Congrès. "Il a fallu plusieurs heures pour que la Garde nationale arrive sur le site", a rétorqué M. Irving, ancien sergent d'armes de la Chambre des représentants.

À la suite de cet événement, Nancy Pelosi, femme politique américaine, membre du Parti démocrate et présidente de la Chambre des représentants des États-Unis depuis 2019, a demander une commission indépendante afin d'ouvrir une enquête pour comprendre, sans voies partisanes, ce qui s'est produit réellement la journée du 6 janvier et pour empêcher que cela ne se reproduise. Reste à savoir aussi si les manifestants auraient eu droit à de l'aide de l'intérieur du Capitole afin d'obtenir des informations à savoir où étaient cachés les élus. L'audition se poursuivra lors des prochaines semaines.