C'est sous un climat de pandémie que prendra l'affiche la 39e édition du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT) le 31 octobre prochain. 89 films de 22 pays dont 52 premières attendent les spectateurs qui devront respecter de nouvelles mesures sanitaires pour profiter de l'expérience en salle.

" On est probablement un des seuls festivals de films dans le monde présentement qui offre une programmation en salle, on se sent vraiment privilégiés ", a raconté Émilie Villeneuve, directrice générale du Festival de cinéma international d'Abitibi-Témiscamingue.

Pour l'instant, comme la région demeure en palier d'alerte jaune, le festival se tiendra comme prévu du 31 octobre au 5 novembre prochain à Rouyn-Noranda. La population pourra ainsi assister aux dizaines de représentations en salle offerte par le festival. Malgré la pandémie, plusieurs artistes et producteurs d'un peu partout au Québec seront sur place pour présenter leurs œuvres. Des règles sanitaires adéquates ont été mises en place pour assurer la sécurité de tous, dont des sièges assignés et un nombre restreint de participants comme l'explique Émilie Villeneuve.

" Le Théâtre du cuivre à Rouyn-Noranda peut accueillir en temps normal 725 spectateurs. 150 personnes environ pourront assister aux projections. Pour beaucoup d'autres festivals, 150 personnes dans une seule salle c'est déjà excellent. Nous ne pouvons pas nous plaindre. ", a-t-elle indiqué en entrevue pour L'Atelier.

Interrogée sur la difficulté de mettre en place un tel événement malgré les nombreuses incertitudes dues à l'évolution du virus, la directrice générale de l'événement s'est décrite comme polyvalente et espère surtout que la situation se stabilise.

" Nous espérons surtout que le vent ne tourne pas d'ici là. Nous avons vraiment à cœur d'offrir une expérience cinématographique en salle ", a déclaré Mme Villeneuve.

Une programmation fièrement québécoise

Le climat pandémique n'a pas affecté la programmation 2020 du festival. C'est plus de 150 œuvres qui seront mises de l'avant, comme c'était le cas pour l'édition de 2019. Malgré les mois assez sombres que nous venons de vivre, la direction est très heureuse de pouvoir offrir des films très colorés.

" On a certains films très lumineux et joyeux. Ça fait du bien. Nous avons été portés par l'idée de se changer les idées. Les films et les courts-métrages qui seront présentés ne sont pas vraiment teintés par la les événements des derniers mois ", a rassuré Émilie Villeneuve.

Je suis l'évolution de la pandémie de très près. Je me croise les doigts à chaque point de presse. C'est une période très délicate et pleine de doute. L'enfer pour tous les producteurs du Québec.  – Benoit Pilon, auteur et producteur québécois

Comme chaque année, l'accent est mis sur les productions québécoises et celles des réalisateurs de la région. Une vingtaine d'œuvres québécoise seront projetées durant les six jours du festival, dont celle du réalisateur Benoit Pilon qui en est à sa première participation. Son huitième film, Le Club Vinland, ouvrira la 39e édition du FCIAT, le 31 octobre prochain.

" Le FCIAT est une opportunité unique de pouvoir renouer avec le téléspectateur. Pour beaucoup, cela fait plusieurs mois qu'ils ne sont pas allés voir un film en salle. C'est un honneur d'être mis de l'avant pour la grande ouverture ", a dit M. Pilon.

À l'affiche, nous pouvons notamment retrouver en première mondiale le très attendu long-métrage Les vieux chums de Claude Gagnon qui en est à sa septième participation au festival. C'est le documentaire Danser sous la pluie de la Rouynorandienne Rachelle Roy qui viendra clore cette édition du FCIAT le 5 novembre prochain.

Les producteurs et les citoyens rassurés

" Je suis l'évolution de la pandémie de très près. Je me croise les doigts à chaque point de presse. C'est une période très délicate et pleine de doute. L'enfer pour tous les producteurs du Québec ", a décrit Benoit Pilon.

Les derniers mois ont été très difficiles pour beaucoup de réalisateurs. Report, retard et maladie étaient le quotidien sur les plateaux des différentes productions qui ont été tournés ce printemps et au courant de l'été. Pour la majorité des personnes qui se déplaceront, le FCIAT sera le premier festival " quasi normal " cette année au Québec.

" Ça va faire bizarre de vivre l'expérience d'un festival avec tout ce qui se passe, mais j'ai hâte ", a avoué M. Pilon.

Ce ne sont pas seulement les artisans du festival qui sont rassurés. Mireille Tremblay, résidente de Rouyn-Noranda, est une habituée du FCIAT. Depuis 20 ans, elle ne manque aucune édition du festival qu'elle qualifie de source de réconfort. " C'est mon moment préféré de l'année. Avec la pandémie, j'ai eu très peur que tout soit annulé. Lorsque j'ai appris que le festival allait avoir lieu, j'ai crié de joie ", a-t-elle raconté.