Le comité étudiant du centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM) dénonce l'absence flagrante de personnes issues de la minorité visible parmi le corps enseignant. Il propose cinq stratégies pour contrer ce manque de diversité dans le monde académique.

C'est la responsabilité de tous de parler de cet enjeu, Rayane Zahal

C'est lors d'une conférence virtuelle organisée par le CRIUGM que plusieurs panélistes et militants ont exprimé leur volonté à vouloir changer l'environnement académique dans lequel ils sont. Le but selon eux? Rendre les milieux académiques plus inclusifs et faire de ces milieux un espace sécuritaire pour tous.

Les militants présents ont donc proposé cinq façons simples d'établir collectivement un éveil concret au sein de la population afin d'encourager la diversité, l'inclusion et l'équité dans le domaine académique.

1. Travailler en amont

Selon les panélistes présents, il y a un manque de diversité flagrant dans les échantillons que les centres de recherche utilisent afin de bâtir leurs études. Rayane Zahal, doctorante à l'Université de Montréal (UdeM) en psychologie et cofondatrice du Comité équité, diversité et inclusion des cycles supérieurs en psychologie de l'UdeM, a mentionné qu'il est important de travailler de manière à prévoir les enjeux dans le domaine académique. Selon la militante en psychologie, il faut que les administrations prennent les précautions nécessaires afin de s'assurer qu'il y ait une réelle diversité dans les centres de recherche par exemple.

2. Conscientiser le corps enseignant

Un autre moyen de contrer le manque de diversité serait de conscientiser le corps enseignant (les chercheurs, les professeurs, les chargés de cours, etc.) sur le fait qu'ils ne sont pas à l'abri de leurs propres positions et préjugés. Pour le CRIUGM, il est important que les enseignants puissent se remettre en question et réfléchir au fait qu'ils ne sont pas immunisés contre la discrimination. Ils font partie des personnes qui peuvent changer les choses et améliorer la condition universitaire de plusieurs personnes issues de la minorité visible.

3. Toucher l'imaginaire des gens

Selon le militant engagé Jean-Claude Mugaba, bachelier en économie et en politique, puis stagiaire chez Amnistie internationale, il faut "toucher l'imaginaire des gens en ouvrant la discussion". Organiser des conférences et des ateliers est selon lui, un bon moyen d'aller chercher les gens qui sont mal à l'aise d'aborder certains sujets comme celui de la discrimination par exemple.

"Parler d'enjeu d'équité, de diversité et d'inclusion quand on est dans le monde académique au cycle supérieur, c'est un objectif que l'on devrait adopter en tant qu'institution, comme collectivité parce que cela fera de nous, de meilleurs chercheurs et des gens qui tirent de meilleures conclusions", a ajouté à cela, Rayane Zahal.

4. Inclure des membres de la diversité dans les positions d'autorité

"Une plus grande diversité culturelle parmi les chercheurs, permet une plus grande diversité d'opinions et d'idées", a confié Rayane Zahal à L'Atelier. Selon elle, c'est une bonne façon d'inclure tout le monde dans la discussion et ce sera profitable à la société. Son collègue Jean-Claude Mugaba est du même avis. "Les membres issus de la minorité culturelle ne sont pas assez présents là où les décisions sont prises", ajoute-t-il. Il faut que plus de personnes de la minorité culturelle soient impliquées dans l'administration scolaire.

5. Adapter un langage différent

Selon les spécialistes, il est primordial d'adapter son langage pour s'adresser à différents publics. "Dans le domaine académique, que tu sois un professeur ou une étudiante, le dialogue devrait être présent. Le statut d'autorité ne devrait pas empêcher le dialogue", a précisé Bibiana Pulido, cofondatrice et directrice générale du Réseau interuniversitaire québécois, pour l'équité, la diversité et l'inclusion.