Comptabilisant seulement 61 décès dus à la COVID-19 jusqu'ici, l'Australie aurait déjà dépassé le sommet de la courbe selon les autorités, et ce, malgré une réaction tardive du gouvernement et de la santé publique. La communauté québéco-australienne explique la chance du pays par sa situation géographique, pourtant au sud de l'Asie.

L'Australie occupe une superficie totale de près de 7,7 millions de km2 et compte 25,4 millions d'habitants pour une densité de 3 habitants par km2, des chiffres similaires à ceux du Canada. Pourtant, celui-ci compte quelque 26 200 cas d'infection confirmés, alors qu'il n'y en a que 6400 en Australie. Du côté des décès, on en compte 823 au Canada et seulement 61 en Australie.

Les autorités ont pourtant tardé à déclarer l'état d'urgence sanitaire, juge la voyageuse de 25 ans, Laurie Côté, revenue au Canada le 24 mars dernier. " Le 20 mars, vous étiez déjà en confinement au Canada, et pratiquement toutes les activités continuaient comme si de rien n'était en Australie. Je parle des bars, des restaurants, du tramway, des plages, etc. Par la suite, ils ont appliqué le confinement, mais j'ai des amis en construction et dans les fermes qui travaillent toujours à ce jour. "

Île-continent, avec un territoire nettement moins dense que bon nombre du pays du globe — y compris les États-Unis, le plus touché par la pandémie — l'Australie bénéficie de sa situation géographique dans sa lutte contre le virus, selon la Québécoise de 20 ans, Rose Pilette. Cette Québécoise est restée dans la région de Brisbane de septembre au 30 mars dernier. "Si une personne est infectée et située dans le désert, il y a de bonnes chances que ça ne se propage pas", fait-elle valoir. Cette conclusion est partagée par le Département de la Santé de l'Australie.

À l'heure actuelle, 65% des sources d'infection proviennent d'outre-mer, souligne-t-on. Il faut dire que les villes du pays sont généralement très éloignées les unes des autres. La propagation du virus s'en trouve ainsi ralentie, sans compter les récentes restrictions de déplacement entre les régions qui ont été décrétées par le gouvernement.


Restrictions « molles »

L'Australie a donc un bilan enviable. Or, des ressortissants joints par L'Atelier aimeraient tout de même que les autorités bonifient leur lutte contre le virus. En dépit du confinement et des règles de distanciation sociale, plusieurs établissements publics sont encore ouverts, notamment les écoles et les centres commerciaux. « Je trouve le travail des autorités assez mou », lance la Québécoise de 34 ans, Claudia Campbell. Cette dernière a décidé de rester en Australie malgré la crise. « Je trouve que de garder les écoles ouvertes est assez risqué. Mon mari a un petit garçon de 6 ans en garde partagée, et ils ont pris la décision de le retirer de l'école par précaution», indique-t-elle.

De son côté, Anne Hebert, fonctionnaire dans la région du Territoire du Nord, croit que le gouvernement australien essaie de prendre des mesures sérieuses et efficaces, mais il veut surtout éviter de plomber l'économie. Cela explique pourquoi plusieurs marchés alimentaires de la région de Darwin dans le Territoire du Nord ont pris du temps avant de fermer leurs portes. Ceux-ci seraient très importants pour la communauté et sont très populaires.

Mme Hebert note en outre que les Australiens ont aussi une mentalité différente des Canadiens. Les «Aussies» sont des gens très «chill» qui sont habitués de vivre à l'extérieur. Il est difficile pour eux de rester confinés à l'intérieur. Au sud de l'île-continent, les autorités sont contraintes de garder une surveillance policière sur les plages puisque les gens continuent d'y aller malgré les règlements.

Les autorités ont déclaré une moyenne de seulement 81 nouveaux cas par jour durant la dernière semaine. Plus de 360 000 tests ont été faits à l'échelle nationale, dont seulement 1,7% se sont avérés positifs.

La place de l'Opéra de Sydney est beaucoup moins achalandée depuis le début de la crise de la COVID-19.
La place de l'Opéra de Sydney est beaucoup moins achalandée depuis le début de la crise de la COVID-19. (Crédit photo : Crédit photo : Léane Klinkow)