La situation au Xinjiang n'a rien d'un génocide, les deux Michael détenus par Pékin ont fait de l'espionnage et les Hongkongais ne vivent plus dans un "chaos" depuis l'adoption de la Loi sur la sécurité nationale : l'ambassadeur de Chine au Canada a balayé du revers de la main les multiples critiques visant son pays mardi.

Les gens aiment la stabilité.« - L'ambassadeur de Chine Peiwu Cong

Cong Peiwu a pris la parole vers midi à l'occasion d'une tribune offerte par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) et animée par l'ancien premier ministre québécois Pierre Marc Johnson. Les interactions entre les deux hommes étaient cependant tendues.

Pékin a été maintes fois critiqué par le Canada pour son manque de transparence dans le dossier des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, incarcérés depuis plus de deux ans. M. Cong prétend que les deux hommes ont amassé des secrets d'État pour des forces étrangères et ont divulgué ces informations, tout en affirmant posséder des preuves solides de leur culpabilité. Ils attendent leur verdict après avoir subi leur procès à huis clos il y a trois semaines.

Des règles identiques

L'ambassadeur de Chine a défendu la position du gouvernement chinois de ne pas dévoiler les informations du procès publiquement en soutenant que l'affaire était une question de sécurité nationale. Il a aussi précisé que le Canada possède des règles identiques dans son Code criminel.

M. Cong n'a pas dit clairement si MM. Kovrig et Spavor pourraient espérer revenir au Canada bientôt. "Nous allons voir comment ces procédures juridiques indépendantes vont se dérouler", a-t-il précisé.

L'ambassadeur a aussi accusé les différents médias d'avoir beaucoup exagéré les mauvaises conditions de détention des deux Michael. Il soutient que certaines histoires alléguant que les deux hommes étaient privés de sommeil et qu'on avait confisqué leurs lunettes de lecture étaient complètement fausses.

Des "écoles" plutôt que des camps

Outre le sort des Canadiens en Chine, M. Cong a aussi été questionné sur le traitement de la minorité ouïgoure à Xinjiang. Il déplore notamment la perception des établissements de Xinjiang à travers le monde: "Vous les appelez des camps, il s'agit plutôt d'écoles, dans les faits."

Pour ce qui est de la Loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, Cong Peiwu a argué que "les gens aiment la stabilité. Ils préfèrent cette stabilité au chaos qui régnait avant l'adoption de la loi ».

L'ambassadeur de Chine a en outre abordé le sujet de l'arrestation de la directrice financière du géant Huawei, Meng Wanzhou, détenue au Canada depuis 2018 à la suite d'un mandat d'arrêt délivré par les États-Unis. Pierre Marc Johnson a rapidement défendu le gouvernement canadien en affirmant que Mme Wanzhou, contrairement à MM. Kovrig et Spavor, a pu choisir ses avocats, ajoutant aussi que les conditions de détention de Mme Wanzhou étaient exceptionnelles, comparativement à celles de deux prisonniers canadiens.