Si les entreprises de vidéoconférence connaissent une ascension fulgurante en ces temps de confinement, des failles de sécurité et l'incertitude liée au développement des nouvelles technologies pourraient mettre un frein à la croissance économique de ce secteur d'activité.

À peine trois mois auront suffi pour que la plateforme de visioconférence Zoom multiplie son nombre d'utilisateurs quotidiens par 20, avec quelque 200 millions de visiteurs à chaque jour du mois de mars. Selon les comptes dévoilés par l'entreprise américaine, Zoom a enregistré un chiffre d'affaire record de 622,7 millions de dollars américains au dernier trimestre, une envolée de 88% par rapport à l'année précédente.

Avec la généralisation du télétravail et les consignes de distanciation sociale, il va sans dire que la pandémie de coronavirus constitue une opportunité d'affaire en or pour les entreprises de vidéoconférence, mais quel futur imaginer pour ces firmes une fois la crise terminée? Pour la professeure en sciences de l'administration de la TÉLUQ, Diane-Gabrielle Tremblay, l'avenir de ce secteur d'activité est prometteur, mais non sans incertitudes.

«La pandémie a fait tomber beaucoup de préjugés par rapport au télétravail. Les entreprises ont la démonstration que leurs travailleurs peuvent être performants à la maison», remarque Mme Tremblay. Selon elle, ce simple facteur pourrait assurer la demande en logiciels de vidéoconférence «pour des années après la crise de la COVID-19».

Mais la pérennité de ces nouveaux géants numériques n'est pas pour autant garantie. Récemment, des brèches informatiques dans les systèmes de sécurité et de confidentialité ont mis Zoom dans le collimateur de la justice. À la fin du mois de mars, le FBI et la procureure générale de l'État de New York lançaient une alerte au sujet de piratages sur la plateforme virtuelle. Malgré les récentes promesses de la firme californienne de corriger le tir, l'action de Zoom a perdu plus du quart de sa valeur.

«Au-delà de l'ergonomie et de la fonctionnalité des logiciels, les gens recherchent la sécurité. Jusqu'à présent, les firmes ne répondent pas à cette demande», soulève Mme Tremblay. Par ailleurs, les innovations technologiques entraînent un lot d'incertitudes quant à leur viabilité. «Les technologies évoluent toujours, et vite. On peut imaginer que la vidéoconférence va progresser encore pour quelques années, mais on finira par trouver une autre idée encore meilleure qui va la remplacer.»

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