Suivant la courbe de propagation de la COVID-19 en Chine, en Europe et en Amérique du Nord, l'augmentation prochaine du nombre de cas en Afrique risque d'être exponentielle, redoute l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le premier cas de COVID-19 en Afrique est apparu au mois de février en Égypte. Maintenant, 52 pays africains sur 54 sont touchés par le coronavirus. Le dernier décompte de l'AFP dénombre 15 000 cas, dont 800 morts sur le continent de 1,34 milliard d'habitants — des chiffres qui ont doublé entre le 2 et le 9 avril.

Bien que pratiquement tous les États d'Afrique aient fermé leurs frontières et restreignent les déplacements et les contacts publics sur leur territoire, «certains pays pourraient très bientôt connaître un pic important», a déclaré le Dr Michel Yao, chargé des situations d'urgence en Afrique à l'OMS, jeudi dernier.

Le Maroc, l'Égypte et le Sénégal ont décidé d'imposer un couvre-feu, voire le confinement dans certaines villes, alors que l'Algérie, l'Afrique du Sud et la République démocratique du Congo ont plutôt décidé d'opter pour le confinement total sur leur territoire.

À défaut des mesures préventives, l'OMS craint que l'Afrique ne puisse «affronter» la pandémie puisqu'elle s'inquiète du manque de structures de traitement pour les cas critiques de COVID-19, du nombre restreint de lits en soins intensifs et du nombre d'appareils respiratoires.

«Le secteur de la santé est parmi ceux dans lesquels le gouvernement n'investit pas beaucoup. Il sait que les hôpitaux n'ont pas la capacité de contrôler la pandémie», avance Abdellah Benbrahim, un citoyen de Rabat, au Maroc, qui redoute le pire.

En Afrique, le nombre de lits disponibles dans les unités de soins intensifs ne dépasse pas 5 par million d'habitants, ce qui pourrait s'avérer problématique au cours des prochaines semaines.

Avec l'Agence France-Presse

Attente pour l'eau au Kenya
Attente pour l'eau au Kenya (Crédit photo : Gordwin Odhiambo Agence France-Presse)