Le non-respect des objectifs de l'Accord de Paris en matière de réchauffement climatique coûterait jusqu'à 600 milliards de dollars américains d'ici la fin du siècle, selon une étude publiée mardi.

L'accord signé en 2015 affiche l'objectif de contenir le réchauffement « bien en dessous des 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et, si possible, à 1,5 °C, à renouveler tous les cinq ans.

Or, les prévisions actuelles indiquent qu'au rythme actuel, il y aurait un réchauffement de 3 °C à 4 °C d'ici 2100, selon les experts de l'ONU.

L'étude, publiée dans la revue Nature Communications, étudie les coûts (dommages liés aux événements climatiques par exemple) comme les investissements (technologies bas carbone par exemple), pour évaluer les pertes ou les gains théoriques pour l'économie mondiale selon différents scénarios.

Un non-respect des objectifs de l'Accord de Paris pourrait ainsi coûter entre 126 et 616 milliards de dollars, alors que l'économie mondiale pourrait voir des gains de 336 à 422 milliards en respectant les objectifs de 2 °C ou de 1,5 °C respectivement.

Des pertes astronomiques

Si les recommandations actuelles n'étaient pas suivies, alors que les États-Unis doivent se retirer de l'Accord de Paris cet automne, le tout pourrait engendrer des pertes allant de 150 à 790 milliards de dollars.

À l'inverse, afin d'équilibrer les pertes et les recettes, il faudrait des investissements compris entre 18 et 113 milliards dollars, dont plus de 90% de la part des pays du G20, selon l'étude.

« Mettre en œuvre une stratégie pour se préserver nécessite de prendre conscience de la gravité du réchauffement climatique pour permettre des avancées dans les technologies bas carbone, a déclaré le principal auteur de l'étude, Biying Yu, chercheur à l'Institut de technologie de Pékin. Sans ces investissements, les émissions [de gaz à effet de serre] ne peuvent être réduites, et les dommages climatiques auront une plus grande probabilité de se produire, entraînant d'immenses pertes économiques.»

« Si les pays sont conscients qu'ils vont subir ces pertes en ne réduisant pas leurs émissions, seront-ils plus rationnels dans leurs choix, en renforçant leur réponse au changement climatique? », s'interroge Biying Yu.

François Hollande, Laurent Fabius et Ban Ki-moon se félicitent de l'accord de Paris (COP 21).
François Hollande, Laurent Fabius et Ban Ki-moon se félicitent de l'accord de Paris (COP 21). (Crédit photo : (C) ONU - Licence : Tous droits réservés)