L'annonce de la rétractation de Chelsea du projet de Super League européenne aura eu un effet domino et entraîné la mort de celui-ci : un peu plus de 48 heures après cette annonce, on apprenait que la Super League ne verrait finalement pas le jour.

Le projet de Super League n'aura vécu que quelques heures.

Dimanche dernier, 12 des clubs de soccer les plus riches du monde ont annoncé la mise sur pied d'une compétition fermée où se seraient réunies 20 équipes pour jouer en milieu de semaine, parallèlement aux championnats locaux où celles-ci se trouvent déjà. Ce tournoi aurait empiété sur la Ligue des champions. Contrairement à cette dernière, qui se base sur les résultats sportifs, la Super League ne s'appuie que sur des impératifs financiers pour inclure ses équipes, un modèle décrié par certains.

Levée de boucliers

Rapidement, l'Union européenne des associations de football a menacé d'imposer des sanctions aux équipes et aux joueurs participant à ce projet. Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a évoqué le retrait des permis de travail du personnel des équipes qui se joindraient à la Super League.

Questionnés à ce sujet, les joueurs et entraîneurs de Liverpool, équipe qui participait au projet, ont affirmé n'avoir jamais fait partie des discussions et ont dit s'opposer farouchement à la création de la Super League. Les groupes de partisans d'équipes rivales, habituellement à couteaux tirés, ont publié des communiqués communs dénonçant le projet.

Mardi, les 14 équipes anglaises exclues du projet se sont réunies exceptionnellement, condamnant sans équivoque la Super League. Jordan Henderson, capitaine de Liverpool, a organisé une rencontre avec les autres capitaines du championnat anglais. "Nous n'aimons pas le projet et nous ne le laisserons pas aboutir, a-t-il écrit sur Twitter en fin de journée. C'est notre position collective."

Effet domino

Deux jours après l'annonce du projet, les équipes anglaises de Chelsea et de Manchester City ont été les premières à se retirer de la Super League. L'Atlético de Madrid et Manchester United ont rapidement emboîté le pas, ce qui a mené à l'annulation soudaine de la Super League. Sous les pressions populaires et financières, il n'aura fallu que quelques heures pour enterrer le projet.

Les équipes devraient officialiser l'annulation en fin de soirée. Dans la foulée du scandale, le président de Manchester United, Ed Woodward, a donné sa démission. Des pressions sont également mises sur les présidents de la Juventus et du Real Madrid.