Apparition de maladies chroniques, maux de dos et essoufflement : ce n'est qu'un petit nombre des problèmes de santé physique qui sont apparus chez les jeunes depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Ainsi, une personne sur deux serait atteinte d'une maladie chronique, selon les chiffres de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) avec qui travaille la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids).

"Avant la pandémie, je n'avais pas de douleurs. Je m'entraînais, puis j'avais un horaire chargé, donc tout allait bien", raconte l'étudiante Noémie Daigle, qui souffre de maux de dos incessants depuis un an.

Pour l'étudiante, le manque d'activité physique s'est traduit par une perte de masse musculaire qui a commencé à entraîner des douleurs au coccyx. "J'ai dû acheter un "beigne" pour m'asseoir parce que je souffrais beaucoup trop", explique-t-elle. Aujourd'hui, ses maux de dos l'empêchent même de dormir.

Malika Alaoui est étudiante en première année en journalisme à l'Université du Québec à Montréal et elle a vu son corps changer au cours de la pandémie. "Même si le confinement m'a fait du bien mentalement, j'ai pris du poids et je me sens plus essoufflée qu'avant", confie l'étudiante. Depuis quelques mois, elle a fait appel à un chiropraticien pour l'aider à régler des maux de dos persistants.

Jeunes sédentaires

Le danger de la sédentarisation des jeunes à long terme, c'est "l'apparition de maladies chroniques comme le diabète ou même des problèmes cardiovasculaires", rapporte la directrice de la Coalition Poids, Corinne Voyer. Elle explique également que le manque d'activité physique peut favoriser le développement de certains cancers et faire apparaître de l'arthrite précoce chez les jeunes.

"On n'en parle pas beaucoup en ce moment à cause de la pandémie, mais le nombre de ces maladies augmente", note Mme Voyer. Celle-ci dénonce le fait que la population n'entend quasiment pas parler de ces risques, qui sont finalement tout aussi mortels que la COVID-19.

Le rôle de la santé mentale

Mme Voyer estime que la santé mentale a aussi un effet sur la santé physique des jeunes. Selon elle, plusieurs études le démontrent : "On peut prendre l'exemple de la dépression : l'activité physique produit des endorphines, qui aident à combattre la dépression."

Cependant, Corinne Voyer explique également que les chiffres que l'INSPQ et la Coalition Poids ont récoltés ne leur permettent pas encore de définir si la sédentarisation des jeunes aura des effets néfastes sur leur santé physique.

Mme Voyer partage en outre ces données selon lesquelles les applications de sport n'ont pas eu d'effet motivant chez les jeunes. Néanmoins, elle conseille que les parents des adolescents les incitent à continuer à faire du sport en famille : "Souvent, les parents sous-estiment leur influence sur leurs adolescents, mais le sport en famille est un bon moyen de les motiver."